7 février 2007

Urgences: «C'est clair que ça se détériore»

Une salle d'attente bondée. Des patients couchés des heures sur une civière. Du personnel débordé. Des couloirs bondés. Les urgences ne vont pas mieux qu'avant. C'est le constat que font des médecins sur le terrain. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, voit pourtant une lueur d'espoir à l'horizon.

Après une légère amélioration, la situation se détériore dans les urgences. Au point où elle atteint presque le niveau qui avait cours en 2002-2003, avant l'arrivée au pouvoir des libéraux.

L'année 2006-2007 est particulièrement difficile. C'est ce que révèle une compilation faite par le Comité de coordination national des urgences, que La Presse a obtenue.

Les données disponibles fournissent un portrait depuis le 1er avril 2006 -début de l'année financière- jusqu'à décembre. Les statistiques fournies depuis 2002-2003 montrent aussi l'évolution de la situation.

Le portrait d'ensemble montre une légère amélioration, suivie d'une nouvelle dégradation.

«C'est clair que ça se détériore. Nous sommes déçus et inquiets», commente d'ailleurs le Dr Alain Vadeboncoeur, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec.

Même si l'année 2006-2007 n'est pas encore terminée, il est clair que la durée moyenne de séjour dans les urgences a légèrement augmenté, comparativement à l'an dernier. La durée moyenne de séjour indique le nombre d'heures qu'un patient passe sur une civière aux urgences avant de recevoir son congé ou d'être hospitalisé dans une unité de soins.

Pour l'année en cours, qui se termine le 31 mars, cette durée moyenne est de 15,8 heures. L'an dernier, elle était de 15,2 heures.

Le Dr Vadeboncoeur travaille aux urgences de l'Institut de cardiologie de Montréal. Il constate tous les jours les problèmes qui se vivent sur le terrain. De façon générale, le personnel est débordé et fatigué. Les urgences sont bondées. Des patients sont couchés dans les couloirs.

«La situation est très pénible actuellement de l'avis de tout le monde qui travaille dans le milieu», soutient le Dr Vadeboncoeur.



Hausse de l'affluence



Au cours des quatre dernières années, la fréquentation des hôpitaux n'a cessé d'augmenter. Il y a près de 20 % plus de patients qu'il y en avait en 2002-2003. L'augmentation de personnes âgées est de 13 %.

Cette année, un virus respiratoire, suivi de la gastroentérite et maintenant de l'influenza saisonnière, finissent de compliquer la situation. Surtout pour la clientèle âgée, plus vulnérable.

L'Association des médecins d'urgence du Québec fait le même constat. Malgré les efforts, le bilan final reste sensiblement le même qu'en 2002-2003.

«Pour nous, c'est une grande déception, lance le Dr Laurent Vanier, président de l'UMQ. Il y a certainement des mesures qui ont fonctionné parce que sinon, la situation serait forcément pire que celle que l'on vit actuellement. Mais nous demeurons dans un contexte où ce n'est pas suffisant pour satisfaire des normes minimales de pratique.»

Le gouvernement a dégagé plusieurs millions de dollars pour enrayer le problème d'engorgement dans les urgences. En décembre, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a annoncé une injection supplémentaire et immédiate de 16 millions. Cet argent servira surtout à rendre plus de lits disponibles. Mais s'il manque de personnel, notamment en soins infirmiers, il est impossible d'ouvrir de nouveaux lits.



Durée des séjours



De façon générale, la durée moyenne des séjours aux urgences n'a pas diminué entre 2002-2003 et aujourd'hui. Elle était de 15,9 heures il y a quatre ans. Elle est maintenant de 15,8 heures. Plus d'un patient sur cinq passe 24 heures ou plus aux urgences. Le pourcentage est même plus important qu'en 2002-2003. Il était alors de 20,2 %. Il est aujourd'hui de 21,1 %. La seule bonne nouvelle pour ces malades est qu'ils passent un peu moins de temps sur une civière, en attente d'un congé ou d'une hospitalisation. Il y a quatre ans, ils attendaient en moyenne 46 heures. Aujourd'hui, ils patientent quatre heures de moins.

Le gouvernement Charest surveille surtout les séjours de 48 heures et plus aux urgences. C'est-à-dire les patients qui passent plus de deux jours sur une civière des urgences.

On note une légère amélioration depuis 2002-2003. Le pourcentage de ces patients est passé de 6,1 % à 5,5 % cette année. Par contre, la moyenne de ce séjour se situe à plus de 68 heures, ce qui est encore long.

Plus de la moitié des 16 régions du Québec ont vu leur situation se dégrader au cours des dernières années. L'Outaouais et la Mauricie-Centre-du-Québec connaissent de grosses difficultés, la première en ce qui a trait aux séjours de 24 heures ou plus et la seconde, pour la durée moyenne du séjour aux urgences.

Même si leur situation s'est quelque peu détériorée, des régions comme la Capitale-Nationale, la Gaspésie et Chaudière-Appalaches maintiennent le cap. La durée moyenne du séjour se situe autour de 12 heures, soit l'objectif fixé par le gouvernement. Un objectif que bien peu d'hôpitaux atteignent.

Du côté de Montréal, la situation s'est détériorée cette année. Par contre, la métropole se classe mieux qu'en 2002-2003. Mais c'est encore là et dans les environs que les pires problèmes d'engorgement existent aux urgences.

Des données encourageantes se dessinent malgré tout. Même si la clientèle aux prises avec des problèmes de santé mentale ne cesse d'augmenter, la durée moyenne de séjour aux urgences pour ces patients a diminué au cours des quatre dernières années. Mais elle frôle encore les 20 heures.



Peu d'évolution dans les urgences du Québec entre 2002-2003 et 2006-2007



Durée moyenne du séjour / % séjour de 24 h ou plus / % séjour de 48 h et plus

2002-2003: 15,9 h / 20,20% / 6,10%

2003-2004: 16,3 h / 21,40% / 6,70%

2004-2005: 15,7 h / 20,60% / 5,60%

2005-2006: 15,2 h / 19,60% / 4,80%

2006-2007: 15,8 h / 21,10% / 5,50%

* Selon le Comité de coordination nationale des urgences.

Hôpital Sainte-Justine: les infirmières n’en peuvent plus

Confrontées à un problème de déficit de personnel depuis plus de six ans, les infirmières de l’hôpital Sainte-Justine sont au bord de l’épuisement. Et certaines se disent prêtes à faire de la prison pour refuser l’ordre de leur employeur à travailler davantage.

« Le gouvernement nous laisse la responsabilité de trouver des solutions, ce qui est inacceptable », dit Francine Lévesque, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, une des branches de la CSN.

Hier matin, en conférence de presse, Mme Lévesque et deux autres représentantes des infirmières n’en finissaient plus de multiplier les exemples pour illustrer les problèmes de surmenage dans l’institution.

Selon elle, l’hôpital pédiatrique, qui célèbre son centenaire cette année, connaît une pénurie d’infirmières depuis 2000. Or, en dépit d’efforts communs entre le personnel et l’employeur, on est incapable de surmonter le problème. Actuellement, l’institution compterait environ 1200 infirmières mais 168 postes sont affichés.

Pour combler les quarts de travail, l’hôpital oblige les infirmières à offrir des gardes (jours de disponibilité) et affiche des horaires d’heures supplémentaires pré-autorisés. Certaines employées se font avertir avec seulement une heure d’avis qu’elles doivent faire un quart de travail supplémentaire.

« L’employeur nous avait parlé de mesures temporaires mais elles s’éternisent, dénonce Suzanne Nobile, présidente du syndicat. Celles qui n’acceptent ce qu’on leur demande en surtemps font face à des mesures disciplinaires. »

Le syndicat demande une rencontre avec le ministre de la Santé, Philippe Couillard, l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal et l’Ordre des infirmières pour trouver des solutions.

Une semaine de travail normale est de 36,25 heures. Or, certaines infirmières feraient jusqu’au double du temps dans une semaine, dénonce-t-on. Une telle situation a un impact sur la qualité des soins et sur la conciliation travail-famille.

Le syndicat prétend qu’au cours de chacune des deux dernières années, la direction a dû payer 10 000 heures de travail en heures supplémentaires. Or, 10 000 heures divisées par 1200 infirmières donne un lot supplémentaire de 8,33 heures travaillées… en un an. Confronté à ses propres chiffres, le syndicat a eu de la difficulté à s’expliquer clairement.



Pas la pire



« Mathématiquement, la situation à Sainte-Justine n’est pas la plus aiguë », lance Christiane Rouleau, responsable de la main-d’œuvre à l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal. Tous les centres hospitaliers de courte durée de l’île de Montréal font face à une grave pénurie d’infirmières et aussi d’autres métiers de la santé.

Le fait que 40 % des infirmières travaillant dans l’île n’y résident pas, le coût des loyers et la multiplication des offres de travailler en région où dans des conditions moins stressantes, expliquent ce manque à gagner, dit-elle. Depuis quelques années, des moyens ont été pris pour faire face à la crise, comme l’augmentation des cohortes de diplômés et des primes additionnelles en heures supplémentaires. « Mais il n’y a pas de solutions à court terme », dit Mme Rouleau.

Hier, La Presse rappelait que dans l’ensemble du Québec, quelque 1500 postes d’infirmières étaient à pourvoir et que si rien n’était fait, 19 000 postes seraient vacants en 2019-2020.

De passage hier à Laval, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a reconnu l’ampleur du problème. Mais, a-t-il ajouté, la solution ne passe pas uniquement par un rehaussement des salaires et des conditions de travail. Il faut aussi repenser la définition des tâches des infirmières, par rapport aux médecins et aux auxiliaires, de même que la reconnaissance du poste d’infirmière praticienne.

De son côté, la présidente de l’Ordre des infirmières du Québec, Ginette Desrosiers, affirme que le ministère de la Santé doit cesser de gérer ce problème de pénurie en jonglant avec des chiffres globaux. « Il faut davantage de planification sectorielle », dit-elle. Cela signifie que le ministère doit identifier les secteurs de la profession où les manques sont les plus criants et agir en priorité en fonction de ces secteurs.

3 février 2007

Des spécialités laissées-pour-compte

Tristan Péloquin

La Presse


Les efforts pour réduire les délais de traitement dans les hôpitaux canadiens ont eu un effet pervers. En concentrant leurs ressources dans cinq secteurs, les provinces ont créé des enfants pauvres dans d’autres spécialités médicales, estime une majorité de médecins canadiens.

Ce constat, tiré d’une enquête publiée hier par l’Association médicale canadienne (AMC), fait suite à un investissement 5,5 milliards par Ottawa depuis 2004 afin de réduire partout au pays les délais de traitement pour le cancer, les soins cardiaques, l’imagerie diagnostique, les remplacements d’articulations et les chirurgies de la cataracte.

Après consultation auprès de quelque 4100 médecins répartis dans toutes les provinces, l’Association médicale affirme que 55 % de ses membres croient que cette stratégie de réduction des délais a créé des spécialités médicales « nantie » et d’autres « démunies ».


Ce sont les médecins de famille, les omnipraticiens et les chirurgiens généralistes qui ont noté le plus grand nombre d’effets négatifs liés à la stratégie fédérale. À l’inverse, les médecins travaillant dans les cinq spécialités ciblées ont noté un effet positif, jugeant avoir accès à plus de ressources qu’avant.

La recherche n’indique pas quelles spécialités ont le plus souffert du déplacement des ressources vers les cinq secteurs ciblés. « Il faudra fouiller cette question en recueillant de nouvelles données », a indiqué hier le président de l’AMC, Colin McMillan.

« Mon expérience comme médecin de famille m’indique que ce sont tous les secteurs qui sont touchés, a toutefois avancé la présidente du conseil d’administration de l’AMC, Louise Cloutier. Si j’ai un patient qui a besoin de soins dans un secteur qui n’est pas prioritaire, il attend clairement plus longtemps que celui qui entre dans la cible. »

Pour le président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaétan Barrette, le constat de l’AMC est « relativement troublant ». « Quand le fédéral a annoncé qu’il allait mettre des millions pour réduire l’attente, on s’est tout de suite réjouis. Ce que l’étude démontre, c’est que l’argent n’a pas été dépensé pour améliorer la capacité des secteurs cibles ; il n’y a pas eu de nouveaux effectifs médicaux, pas plus d’équipement ni de ressources matérielles. On a simplement déplacé des ressources d’un secteur à l’autre. »

Les conclusions de l’AMC ne surprennent cependant pas Nadeem Ismaël, spécialiste des questions liées à la santé à l’Institut Fraser. « Dans tous les pays qui ont adopté des cibles de réduction de temps d’attente, on a vu des déplacements semblables, dit-il. En Grande-Bretagne, par exemple, ça s’est traduit par la disparition presque totale des secteurs où les délais d’attente étaient excellents ; les listes courtes se sont transformées en listes d’attente moyennes ou longues. »



Québec prétend faire mieux



Fait à noter, l’étude présentée hier ne comporte pas de ventilation par province. Les médecins Québecois y sont d’ailleurs sous-représentés, avec 14 % du total des répondants, alors qu’ils représentent 26 % du nombre total de médecins au Canada.

Au bureau du ministre de la Santé, Philippe Couillard, on assure que le phénomène mis en lumière par l’AMC ne s’applique pas à la réalité des hôpitaux québécois. « Nos listes d’attente ont toutes diminué simultanément. Il y a encore du travail à faire, mais c’est clairement possible de mener la bataille sur plusieurs fronts à la fois », affirme la porte-parole, Isabelle Merizzi, citant en exemple les données sur les chirurgies générales d’un jour dans la région de la capitale nationale, dont le délai d’attente est passé de 7,9 mois à 6,1 mois depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir.


http://www.cyberpresse.ca/article/20070131/CPACTUALITES/70131022/5025/CPDMINUTE

une improvisation totale sur fond de magouille

Le vendredi 02 février 2007


Une coalition dénonce la mixité en santé

Presse Canadienne

Montréal


Une coalition dénonce les zones grises qui se développent dans le système de santé au Québec, particulièrement à Montréal, et demande à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), au ministre de la Santé Philippe Couillard et au gouvernement fédéral de voir à ce que les lois soient respectées.

Ces intervenants des milieux juridique, médical et syndical réclament du ministre Couillard qu'il cesse de se fermer les yeux sur certaines pratiques, comme celles ayant cours à la clinique Rockland, une nouvelle clinique privée de Montréal où deux catégories de médecins (des médecins du réseau public et des médecins non rémunérés par la RAMQ) pratiquent sous le même toit et collectent de l'argent de leurs patients.

«Nous avons tous entendu le ministre Couillard dire que les patients eux-mêmes devraient se plaindre de la situation, ce qui m'apparaît une démission honteuse de la responsabilité des pouvoirs publics en vertu de la loi sur l'administration québécoise», a fait valoir vendredi, en conférence de presse, la juriste Marie-Claude Prémont, de l'Université McGill.

«Nous demandons aujourd'hui que la RAMQ s'assure que les règles inscrites dans la loi québécoise soient respectées. Nous demandons en outre au gouvernement fédéral de prendre ses responsabilités dans ce dossier», a-t-elle renchéri.

Aux yeux du professeur François Béland, du département d'administration de la santé de l'Université de Montréal, de telles cliniques à financement mixte «mangent à deux râteliers».
Pour le président de la FTQ, Henri Massé, il s'agit d'«une improvisation totale sur fond de magouille».

Simon Turcotte, coordonnateur du groupe Médecins pour l'accès à la santé et médecin résident en chirurgie dans les hôpitaux du CHUM, a pour sa part fait valoir qu'il est «urgent que soit précisé dans quelle direction est entraîné le système de santé».

«À Montréal, particulièrement, prolifèrent des nouveaux modèles de cliniques privées où, pour avoir accès à des soins couverts par l'assurance maladie publique, on facture directement aux patients des frais souvent astronomiques. Ce qui est en jeu, même si certains politiciens banalisent la situation, est le principe d'équité qui veut que les citoyens aient accès aux soins de santé nécessaires en fonction de leurs besoins et non de leur capacité à payer ces soins», a avancé M. Turcotte.

Pour Mme Prémont, un principe doit prévaloir: les fonds publics doivent servir à tous et tout médecin doit choisir son camp, le public ou le privé, la pratique médicale mixte étant prohibée.

«Le médecin ne peut pas obtenir des fonds publics et exiger des fonds privés et il est interdit que les deux catégories de médecins se retrouvent sous un même toit», a-t-elle avancé.

«Les pratiques que l'on observe signifient qu'on subventionne à partir de fonds publics des pratiques privées restreintes à certains. C'est ce qui pose un problème majeur et c'est la raison pour laquelle la coalition se mobilise et exige l'intervention des pouvoirs publics», a-t-elle ajouté.

Plus tôt cette semaine, le ministre Couillard a fait savoir qu'il a demandé à la RAMQ de vérifier deux aspects du mode de fonctionnement de la clinique privée Rockland.

Cette clinique toute neuve abrite une clinique de médecine familiale, dont les médecins ne participent pas au régime public, ainsi que des services semi-privés d'anesthésie et de chirurgie ambulatoire. D'autres services de santé connexes doivent se greffer à l'ensemble.

Le ministre avait dit s'inquiéter de la coexistence dans une même clinique de médecins participant et non participant à l'assurance-maladie.


http://www.cyberpresse.ca/article/20070202/CPACTUALITES/70202172/5032/CPACTUALITES

29 janvier 2007

une zone grise dans les cliniques privé

Cyberpresse | Opinions


L'ouverture la semaine dernière de la clinique Rockland MD a relancé le débat sur le rôle du secteur privé en santé. Des experts ont soutenu que les frais imposés par cette clinique étaient «illégaux», le Parti québécois a parlé de «dérive». Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a soutenu qu'il n'y avait là rien de nouveau ou d'inquiétant. Qu'en est-il?

Comme M. Couillard et une majorité de Québécois, nous sommes favorables à un rôle accru pour la pratique médicale privée. Cependant, nous croyons essentiel que cette ouverture au privé soit limitée, transparente et contrôlée, afin de prévenir tout abus ou dérapage. Cela exige que les règles soient claires. Or, l'ouverture de Rockland MD a permis de constater qu'elles ne le sont pas du tout.

Il existe déjà au Québec des établissements de santé privés où sont offertes diverses chirurgies. La particularité de Rockland MD - de même que d'une autre clinique du genre ouverte il y a quelques mois à Laval -, c'est que la chirurgie comme telle, l'acte médical, est à la charge de l'État tandis que le patient doit payer de sa poche des frais accessoires pouvant s'élever à plusieurs centaines de dollars. Des juristes estiment que cette façon de faire viole les lois québécoise et canadienne sur la santé. Selon eux, quand l'État paie un acte médical, il doit payer la totalité des coûts, de sorte que tous les patients soient sur le même pied, peu importe leurs moyens financiers.




Le ministre Couillard rétorque que la Loi sur l'assurance maladie et l'entente régissant la rémunération des médecins spécialistes permettent à ces derniers d'imposer, lorsqu'ils travaillent en cabinet privé, des frais accessoires. L'entente en question prévoit en effet qu'un spécialiste «peut demander au malade compensation pour certains frais de pratique», précisant que «ces frais comprennent les médicaments et les agents anesthésiques».

Jusqu'à aujourd'hui, ce texte était interprété de manière restrictive : les seuls frais accessoires autorisés étaient ceux relatifs aux médicaments et anesthésiants administrés en cabinet privé. En réalité toutefois, le libellé de l'entente n'exclut pas d'autres frais; il dit seulement que les frais de pratique «comprennent» les médicaments et anesthésiants. Les cliniques semi-privées sont-elles en droit de faire payer par leurs patients le salaire de leurs infirmières, l'équipement, le loyer, leur marge de profit? Il y a là une grande zone grise.

Adoptée en décembre dernier, la loi 33 encadrera la pratique des cliniques chirurgicales privées, désormais appelées «centres médicaux spécialisés». Elles devront obtenir un permis, satisfaire des normes de qualité élevées, afficher de manière bien visible les frais qu'elles exigent de leurs patients. C'est une amélioration notable par rapport au vide qui existait jusque là. Mais en raison du flou législatif décrit plus haut, les malades ne sauront toujours pas clairement pour quels services et biens les cliniques ont le droit d'exiger compensation. Et comme on prévoit que peu de cliniques du genre ouvriront leurs portes, le patient pourra difficilement comparer les prix. Il se retrouvera à la merci de l'appétit financier des propriétaires des cliniques.

Le ministre de la Santé et la Fédération des médecins spécialistes doivent donc s'entendre au plus tôt sur une définition exhaustive des frais accessoires et sur des ordres de grandeur jugés raisonnables. Le Québec est à l'aube d'un ajustement important du fonctionnement de son système de santé. Si on ne veut pas rater ce virage, il faut que les règles soient claires pour tous.

28 janvier 2007

Comment ça marche les cliniques privés de Couillard?

M. Couillard doit intervenir
Jean-Robert Sansfaçon
Édition du samedi 27 et du dimanche 28 janvier 2007
Mots clés : soins médicaux, Philippe Couillard, Médecin, santé, Québec (province)


L'ouverture à Montréal d'un complexe privé de soins médicaux comportant un bloc opératoire où les spécialistes refilent les frais de fonctionnement aux patients tout en étant payés par l'État constitue une brèche qui n'est prévue nulle part dans la réforme Couillard. À moins d'une intervention rapide de la part du ministre et de la Régie de l'assurance maladie, il faudra se résoudre à croire que ce gouvernement a trompé la population.

La loi 33 a été étudiée tout l'automne en commission parlementaire avant d'être adoptée par l'Assemblée nationale à la fin de la session. On se rappellera que cette loi est la réponse du gouvernement à l'arrêt Chaoulli par lequel la Cour suprême ordonnait à Québec d'autoriser les individus à contracter une assurance privée qui leur donnerait accès à des services privés lorsque l'attente risquerait de mettre leur santé en danger.

Dans sa réponse à cet arrêt de la cour, le gouvernement a résisté à la tentation d'étendre les assurances privées à tous les soins couverts par le régime public, ce qui aurait signé l'avènement d'un réseau privé complet, parallèle au réseau public. Seulement trois catégories de soins seront assurables: le remplacement de la hanche et du genou et les cas de cataractes.

Cela étant dit, le ministre Couillard a profité de l'occasion pour introduire d'autres changements au régime actuel. Ainsi, la loi garantira désormais l'accès à certains soins bien définis, dont les trois énumérés ci-dessus, dans un délai prescrit, ainsi que le transfert du patient vers un autre établissement, public ou privé au besoin, lorsque l'hôpital ne pourra pas respecter les délais.

Par ailleurs, la loi ouvre la porte à la création de «cliniques médicales spécialisées» (CMS), nouveau nom donné à certaines cliniques privées qui existent déjà et à d'autres qu'il reste à créer. En fait, on prévoit qu'il y aura deux grandes catégories de cliniques médicales spécialisées:

- La première sera constituée de centres entièrement privés dont les médecins se sont retirés du système public et font des interventions chirurgicales plus complexes qu'en cabinet médical traditionnel. Des centres comme celui du Dr Duval, par exemple, cet orthopédiste bien connu qui oeuvre en dehors du système public, ou encore les cliniques privées de chirurgie esthétique appartiennent à ce premier groupe. C'est ce que certains appellent «le privé-privé».

C'est donc dire que désormais, tous les centres où des spécialistes font des interventions complexes devront obtenir un permis de CMS privée et suivre des règles plus strictes que par le passé, par exemple nommer un directeur médical et offrir la totalité des soins pré et post-opératoires, le tout à la charge du patient ou de son assureur (pour la hanche, le genou ou la cataracte).

- Au contraire, la seconde catégorie de CMS regroupera des cliniques dont tous les médecins, spécialistes pour la plupart, participent au régime public mais pratiquent des interventions d'une certaine complexité qui les différencient du cabinet traditionnel d'omnipraticiens.

Ici, les choses se compliquent un peu, car cette seconde catégorie de CMS pour médecins payés par la RAMQ se divise elle-même en deux catégories:

- Les CMS «associées», créées par des équipes de spécialistes à la demande d'un hôpital qui leur garantira par contrat un volume d'interventions déterminé dans des domaines tout aussi déterminés (par exemple, la cataracte ou le genou, voire, au besoin, autre chose qu'il reste à définir). Dans ces «CMS associées», sortes de supercliniques destinées à désengorger les hôpitaux comme le suggérait le rapport Clair, les patients n'auront rien à payer mais devront avoir été référés par l'hôpital.

- Quant à l'autre catégorie de CMS, sans affiliation celles-là, il s'agira de cliniques mises sur pied à l'initiative de médecins spécialistes rémunérés par la RAMQ pour faire des interventions chirurgicales (intervention d'un jour ou même davantage, possiblement avec hébergement) mais où les patients devront assumer certains coûts, tels ceux des médicaments et des produits anesthésiants, comme c'est déjà le cas en cabinet médical.

***

Dans le contexte de cette réforme, où se situe le nouveau complexe «intégré» Rockland MD dont nous apprenions la création cette semaine dans Le Devoir? Nulle part, devons-nous répondre à la lumière de ce que nous en savons. Il s'agit, dit-on, d'un complexe formé d'une clinique familiale entièrement privée et d'un bloc opératoire semi-privé où les médecins participants sont payés par la RAMQ pour chaque intervention chirurgicale pratiquée mais facturent aussi certains frais qui vont bien au-delà des médicaments et des produits anesthésiants. À plus d'un égard, ce complexe contrevient à la fois au texte et au principe de la loi 33 adoptée le mois dernier.

D'une part, la cohabitation sous un même toit de médecins participants et non participants au régime public est interdite par la loi, qui assure l'étanchéité des systèmes. D'autre part, le fameux bloc opératoire privé ne pourra jamais devenir une «CMS associée» à un hôpital puisque la loi limite le travail de ce type de clinique à des interventions précises, choisies par l'hôpital, et parce qu'elle interdit formellement la facturation de frais accessoires aux patients.

Reste la possibilité d'obtenir un permis de CMS publique, mais sans affiliation, où les soins médicaux sont pris en charge par la RAMQ, et la facturation de certains frais accessoires, très limités, par le patient. Mais voilà, à l'heure actuelle, seules certaines interventions plus complexes sont autorisées en dehors du milieu hospitalier, et seuls les coûts de certains frais accessoires peuvent être refilés aux malades. Or le centre Rockland MD facture la totalité de ses dépenses de fonctionnement, y compris le coût des équipements et les salaires du personnel, ce qui contrevient tout à fait à la loi.

***

En apprenant cette nouvelle, le ministre Philippe Couillard a réagi très froidement, voire avec sarcasme, laissant entendre qu'il n'interviendrait pas. Voilà une attitude contraire à ce que laissaient prévoir ses interventions rassurantes en commission parlementaire. Dans un contexte de pénurie de spécialistes, l'entrée en scène de mini-hôpitaux privés où des médecins pratiquent des interventions chirurgicales remboursées par la RAMQ tout en refilant leurs frais de fonctionnement aux patients correspond en tout point à la définition d'un système à deux vitesses.

Qu'on crée des cliniques associées pour désengorger les hôpitaux à moindre coût, l'idée a du sens. Mais il n'a jamais été question d'hôpitaux privés où la rémunération du spécialiste est à la charge de l'État et les frais de fonctionnement à la charge des patients. Voilà le genre de réforme que les libéraux eux-mêmes ont toujours refusé d'envisager. Si leur intention a changé depuis la dernière campagne électorale, ils devaient l'inscrire noir sur blanc dans le projet de loi adopté en décembre. Or un tel débat n'a pas eu lieu et l'investisseur privé, tout médecin qu'il soit, n'est pas autorisé à faire indirectement ce que la loi lui interdit. Si l'idée consiste à créer un précédent pour forcer le ministre à prendre acte d'un fait accompli, c'est encore plus inacceptable. Au gouvernement d'agir, sans quoi on pourra l'accuser d'avoir trompé la population.

j-rsansfacon@ledevoir.com

25 janvier 2007

Déshabiller Pierre pour habiller Jacques

Libre-Opinion: Péril pour les cliniques externes de pédopsychiatrie

Nicole Nadeau, Pédopsychiatre, Clinique externe de pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Justine
Sylvaine De Plaen, Pédopsychiatre, Clinique externe de pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Justine

Édition du lundi 22 janvier 2007
Mots clés : Philippe Couillard, Plan d'action en santé mentale, médecins psychiatres, Médecin, santé, Québec (province)


Nous joignons nos voix à celles de nos collègues pédopsychiatres de Québec ainsi qu'à celle du président de l'Association des médecins psychiatres du Québec, cités récemment dans Le Devoir («Les Psychiatres s'insurgent», 15 janvier 2007), pour dénoncer le Plan d'action en santé mentale 2005-10 du ministre de la Santé Philippe Couillard.

Constatant, tout comme nous d'ailleurs, l'insuffisance des ressources en santé mentale de l'enfant, le ministre a cru bon y remédier en sabrant les équipes de pédopsychiatrie (les deuxième et troisième ligne) pour aller garnir les équipes de santé mentale de la première ligne: déshabiller Pierre pour habiller Jacques.

Au cours des dernières années, nous avons eu à travailler dans un réseau de santé mentale de plus en plus dépourvu des ressources nécessaires pour répondre adéquatement aux besoins des enfants qui consultent nos cliniques externes de pédopsychiatrie. Cette situation a entraîné une restriction toujours plus grande des services offerts, tant en matière de disponibilité que de durée, chaque équipe comptant sur une autre pour assurer ce moyen ou long terme dont plus personne ne semble pouvoir prendre la responsabilité.

Nous estimons avoir fait des efforts considérables afin de rentabiliser l'utilisation des ressources humaines disponibles et d'articuler nos services spécialisés de pédopsychiatrie avec ceux de la première ligne, c'est-à-dire les CLSC, le réseau scolaire et les services sociaux. Le Plan d'action en santé mentale ne reconnaît pas ces efforts et impose de façon unilatérale des compressions de personnel spécialisé au sein même des cliniques externes de pédopsychiatrie.

Expertise mise à mal

Grâce à nos équipes de professionnels très qualifiés, nous avons développé une expertise tant dans la dispensation de soins directs en pédopsychiatrie que dans le travail de liaison (les soins indirects) entre la pédopsychiatrie et la première ligne. Le maintien de la qualité et de l'expertise des cliniques externes de pédopsychiatrie dépend du bon fonctionnement de nos équipes multidisciplinaires, condition essentielle pour travailler la complexité de nos situations cliniques.

Pour pratiquer de façon adéquate et selon les standards de notre profession, nous avons besoin des professionnels des disciplines connexes que sont la psychologie, la neuropsychologie, l'orthophonie, l'ergothérapie, la psychomotricité, le service social, la psychopédagogie, la psychoéducation, tant pour diagnostiquer que pour traiter nos patients. Ces professionnels sont essentiels à notre fonctionnement, ils sont nos équipements spécialisés. Demanderait-on à un neurochirurgien de continuer à opérer tout en le délestant de son plateau technique?

Comment pouvons-nous assister au démantèlement de nos équipes de professionnels et à la perte d'une expertise unique sans nous indigner? Comment ferons-nous pour recevoir des enfants toujours plus atteints dans leur fonctionnement, donc nécessitant davantage de temps et d'expertise professionnelle, si nos services sont ainsi dégarnis?

Nos professionnels ne doivent pas aller combler des ressources déficientes, mais plutôt servir d'appui aux intervenants de première ligne tout en conservant leur implication dans nos services, condition essentielle au maintien de notre propre fonctionnement.

Spécialité fragile

La pédopsychiatrie demeure une spécialité fragile, trop souvent remise en question. Pourtant, nous savons que les problèmes non traités pendant l'enfance et l'adolescence peuvent persister jusqu'à l'âge adulte et entraver sérieusement le fonctionnement des individus atteints.

À notre avis, c'est le maintien même de notre champ de travail qui risque de se trouver compromis par le plan d'action du ministre Couillard. En restreignant de plus en plus le rôle de pédopsychiatre à celui de consultant, dépourvu de l'expérience et de la responsabilité du suivi clinique, ce plan d'action appauvrira notre discipline plutôt que de l'enrichir, et ce, au détriment des patients.

Les services aux enfants ne doivent pas faire l'objet d'une expérimentation au nom d'une idéologie qui semble opposer la notion de santé mentale à celle de pédopsychiatrie, sans tenir compte de la complexité des réalités cliniques auxquelles nos équipes de pédopsychiatrie sont quotidiennement confrontées et des besoins des premiers concernés, nos jeunes patients et leurs familles. Le Plan d'action en santé mentale vise la mauvaise cible en attaquant les équipes de pédopsychiatrie plutôt que le manque chronique de ressources destinées aux enfants en difficulté.

24 janvier 2007

Couillard et le privé

http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/01/20070122-173600.html

Soins de santé
L'ouverture d'un bloc opératoire privé n'est pas une première
Presse Canadienne (PC) Lia Lévesque
22/01/2007 17h36

L'ouverture d'un bloc opératoire privé à Montréal n'est pas une nouveauté, mais le ministre de la Santé Philippe Couillard compte bien favoriser une saine collaboration entre le secteur privé et le réseau public de la santé.
«Le privé, il ne faut pas en avoir peur. Ce n'est pas une catastrophe, ce n'est pas le diable. Il s'agit qu'il soit utilisé au service du réseau public de santé et dans une perspective d'accessibilité», a commenté le ministre Couillard, à son entrée lundi à la réunion du caucus des députés libéraux, à Montréal.

Le quotidien Le Devoir soulignait, dans son édition de lundi, l'ouverture de cette clinique privée toute neuve, avec bloc opératoire et clinique de médecine familiale.

Le ministre Couillard a d'abord signalé qu'il ne s'agissait pas d'une première, puisque plusieurs autres blocs opératoires privés existent au Québec, notamment dans le milieu de la médecine esthétique.

Il a aussi jugé «un peu élastique» de lier cette ouverture d'un autre bloc opératoire privé à sa nouvelle loi 33, puisque celle-ci n'est pas encore entrée en vigueur.

Cette loi est la réponse du gouvernement du Québec au jugement de la Cour suprême sur l'arrêt Chaoulli portant sur l'interdiction de souscrire à une assurance privée pour des soins de santé.

Cette loi doit permettre d'encadrer la qualité des soins qui seront dispensés dans les cliniques privées, en leur imposant un processus d'agrément, de même que la nomination d'un directeur médical, par exemple.

Elle prévoit également la signature de contrats d'association entre de telles cliniques privées et un hôpital, afin que les patients n'aient pas à débourser de frais supplémentaires pour y être soignés.

«Au contraire, la mise en vigueur de la loi 33 va permettre d'encadrer ce type de pratique-là et de la mettre également au service du réseau public», a commenté le ministre de la Santé et des Services sociaux.

M. Couillard a souligné que si nouvelle tendance il y a, elle sera plutôt à la collaboration entre le privé et le public. «La tendance qu'il faut souhaiter dans l'avenir, mais surtout dans les régions urbaines, parce que dans la majorité des régions du Québec, ce ne sera pas nécessaire, c'est justement d'avoir ce type de partenariat entre des cliniques privées et le système de santé, qui fait que les gens peuvent se diriger vers ces cliniques-là pour des chirurgies mineures, sans que ce soit l'occasion pour eux de débourser quoi que ce soit, avec leur carte d'assurance-maladie. Ca, je crois que c'est une tendance, mais une tendance qui sera surtout utilisée et visible dans les régions urbaines plutôt que dans les régions du Québec.»

23 janvier 2007

C'est quand les élections au fait????

Vous comme moi ,on est tous témoin

De délais d'attente qui sont trop long pour recevoir les services de santé que l'on est en droit de s'attendre.

De la difficultée que l'on éprouve pour avoir accès a un médecin de famille,et quand on en a un des délais pour avoir un rendez-vous ,car ils sont souvent surchargés.

Des attentes pour les examens et les traitements spécialisés.

Dernièrement j'ai lu un texte qui m'a bouleversée. Je savais que notre système de santé avait des lacunes, a ce point je n'aurais pu me l'imaginer!

Voici la lettre d'un père découragé!

Cette aventure se passe au Saguenay, où aucune urgence en fait d'attente en santé n'a été observée, au contraire...

Hier après midi (jeudi le 25 mai), mon garçon de 12 ans a eu un petit accident à l'école lors d'une partie de soccer. Un copain, sans faire exprès, a donner un coup de pied sur sa main (il gardait les buts). Bon rien de tellement spécial jusqu'à maintenant. Cela arrive dans toutes les familles. La soirée passe bien mais vers 19h30, sa main est très enflée et la douleur devient de plus en plus grande. Mon épouse décide donc de partir pour l'hopital de Jonquière. Elle y restera de 20h00 à environ 1h00 ce matin. Diagnostique: fracture d'une jointure de la main gauche (mon fils est gaucher). On lui a mis un bandage élastique et on a dit à mon épouse que l'on allait la rappeler le lendemain pour un rendez-vous à l'hopital de Chicoutimi (15km d'ici) pour son plâtre.

Le lendemain, mon épouse, vers les 9h00 (on est vendredi), appelle à l'hopital de Chicoutimi pour s'informer. Le petit n'aura pas son plâtre avant mardi le 30 mai; il doit rencontrer le plasticien (on a pas encore parlé de d'orthopédiste...). En tout, 6 jour pour un enfant de 12 ans à endurer la douleur et la non-protection de sa main qui, comme vous vous en douter, se la cogne accidentellement souvent ( on se frappe toujours où l'on a une blessure...).

Il y a 4 ans, le delais était 1 jour MAX. Quelle amélioration! J'aurais payé 200$ pour lui faire mettre un plâtre aujourd'hui avoir eu un endroit... Et pourquoi cet hopital autrefois qui donnais tout les services ne les donnent plus? Je me fous du 15 Km, mais quand on centralise, c'est pour le mieux, non? C'est ça la priorité en santé des libéraux?

C'est quand les élections au fait????

19 janvier 2007

petite victoire

Je tiens a vous partager la lettre que j'ai envoyé à l'Honorable Stephen Harper.

M.Harper viens tout juste d'annoncer un projet d'étude sur l'attente des enfants en chirurgie.Il y a certaines chirurgies qui sont selectionnées pour l'étude ,et les soins dentaires sous anesthésie sont inclus,un service de santé pour lequel je milite depuis bientot 4 ans.

Les soins dentaires pour enfants je peux vous en parler des heures sans jamais m'arrêtée! Alors je vous épargne ce supplice .


Passons a ma lettre.



Bonjour M.Harper,

Il y a près de 1 an,juste avant votre 1 ère rencontre avec M.Charest, je vous ai écrit pour vous informer d'un problème que vivent plusieurs enfants du Québec ,au niveau de la santé dentaire et les soins de pédodontisterie.

J'ai pu ressentir des effets quelques mois plus tard alors que le ministre de la santé avait décidé d'augmenter les quotas de 25 % pour un seul trimestre et pour tout les dentistes.... ce fut un léger baume pour les enfants en attente.(l'attente pour les urgences est souvent de 3 mois en clinique privé et de 1 an et demi en service hospitalier... et cela sans parler des chirurgies électives! )

Alors la nouvelle d'un projet visant a réduire les listes d'attente pour les enfants m'a plus que réjouis aujourd'hui.

Continuer ce projet malgré ce que vous pourrez ressentir comme pression pour le faire cesser.... les enfants sont sans voix , alors seulement vous pourrez réaliser a quel point ils sont en otages dans notre systeme de santé.

Il est très difficile d'expliquer l'attente a un enfant qui souffrent .... qui voudrait bien aller jouer comme ses amis librement ,sans maladie.

Suzanne Doré

si vous voulez voir d'autres réponses a ce projet de loi...
Vous avez sous le titre: Couillard pas très chaud au projet pilote de Harper... La reponse de notre cher Couillard . http://suzannedore.blogspot.com/2007/01/couillard-pas-trs-chaud-au-projet.html