Cette « culture » a eu des conséquences bien avant le cas de Sainte-Justine, selon M. Caire. La bactérie C difficile, l'insalubrité dans les centres d'hébergement: tels sont autant d'exemples de ce que reproche le député adéquiste au ministre Philippe Couillard. M. Caire fonde ses accusations en rappelant que ce sont les médias qui ont mis au jour ces histoires, et non pas le ministère de la Santé.
http://www.radio-canada.ca/actualite/zone_libre/2007/04/27/001-ste-justine_accueil.asp
Les commentaires d'Eric Caire porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé
Bactérie pseudomonase à l'Hôpital Sainte-Justine: « Le ministre Couillard doit mettre fin à la culture de camouflage et de résignation dans le système de santé au Québec » Éric Caire
2007.04.27
Québec, 27 avril 2007) Le critique de l'Opposition officielle en matière de santé, monsieur Éric Caire, a fortement dénoncé la culture de camouflage et de résignation entretenue dans le système de santé par le ministre de la santé, Philippe Couillard. Le député adéquiste s'est questionné sur le rôle que le ministre de la Santé aurait dû jouer dans l'affaire des cas d'infection à la bactérie pseudomonase à l'hôpital Ste-Justine en 2004. « Le ministre était-il au courant de l'affaire ? Et s'il l'était, pourquoi n'en a-t-il pas informé la population ? Depuis 2003, le ministre entretient le flou et manque complètement de transparence envers les Québécois. Les citoyens soulèvent des questions et des inquiétudes légitimes mais Philippe Couillard ne semble pas s'en préoccuper. »
Suite à l'infection de plus de 50 nouveaux-nés et au décès de 6 d'entre eux à cause de la bactérie pseudomonase à l'hôpital Ste-Justine entre 2004 et 2005, Éric Caire s'est indigné de voir s'accumuler les cas de décès dus à l'insalubrité dans les hôpitaux québécois.
Éric Caire a sommé le ministre Couillard de mettre fin au camouflage et d'informer les Québécois sur l'état pitoyable des infrastructures en santé. « Le ministre Couillard entretient la méfiance et l'inquiétude en camouflant l'état réel de nos hôpitaux. Les cas d'infection dus à l'insalubrité s'accumulent et ça ne semble pas inquiéter le ministre qui se comporte comme si tout était sous contrôle. Il devra agir de façon responsable envers les Québécois. Même les parents des jeunes victimes de Sainte-Justine n'ont pas été informés de la cause du décès de leur enfant. Si ce n'est pas une culture de camouflage qui s'est installée dans le système, je me demande bien ce que c'est. »
Rappelant l'excellent travail déployé par le personnel de la santé à Ste-Justine comme dans tous les hôpitaux québécois, le député adéquiste a tout de même tenu à rappeler les nombreux cas d'infection qui se sont déclarés partout au Québec depuis 2004 tels les infections au C. difficile dans des dizaines d'hôpitaux et les conditions sanitaires dans les foyers pour personnes âgées.
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28 avril 2007
7 février 2007
Hôpital Sainte-Justine: les infirmières n’en peuvent plus
Confrontées à un problème de déficit de personnel depuis plus de six ans, les infirmières de l’hôpital Sainte-Justine sont au bord de l’épuisement. Et certaines se disent prêtes à faire de la prison pour refuser l’ordre de leur employeur à travailler davantage.
« Le gouvernement nous laisse la responsabilité de trouver des solutions, ce qui est inacceptable », dit Francine Lévesque, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, une des branches de la CSN.
Hier matin, en conférence de presse, Mme Lévesque et deux autres représentantes des infirmières n’en finissaient plus de multiplier les exemples pour illustrer les problèmes de surmenage dans l’institution.
Selon elle, l’hôpital pédiatrique, qui célèbre son centenaire cette année, connaît une pénurie d’infirmières depuis 2000. Or, en dépit d’efforts communs entre le personnel et l’employeur, on est incapable de surmonter le problème. Actuellement, l’institution compterait environ 1200 infirmières mais 168 postes sont affichés.
Pour combler les quarts de travail, l’hôpital oblige les infirmières à offrir des gardes (jours de disponibilité) et affiche des horaires d’heures supplémentaires pré-autorisés. Certaines employées se font avertir avec seulement une heure d’avis qu’elles doivent faire un quart de travail supplémentaire.
« L’employeur nous avait parlé de mesures temporaires mais elles s’éternisent, dénonce Suzanne Nobile, présidente du syndicat. Celles qui n’acceptent ce qu’on leur demande en surtemps font face à des mesures disciplinaires. »
Le syndicat demande une rencontre avec le ministre de la Santé, Philippe Couillard, l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal et l’Ordre des infirmières pour trouver des solutions.
Une semaine de travail normale est de 36,25 heures. Or, certaines infirmières feraient jusqu’au double du temps dans une semaine, dénonce-t-on. Une telle situation a un impact sur la qualité des soins et sur la conciliation travail-famille.
Le syndicat prétend qu’au cours de chacune des deux dernières années, la direction a dû payer 10 000 heures de travail en heures supplémentaires. Or, 10 000 heures divisées par 1200 infirmières donne un lot supplémentaire de 8,33 heures travaillées… en un an. Confronté à ses propres chiffres, le syndicat a eu de la difficulté à s’expliquer clairement.
Pas la pire
« Mathématiquement, la situation à Sainte-Justine n’est pas la plus aiguë », lance Christiane Rouleau, responsable de la main-d’œuvre à l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal. Tous les centres hospitaliers de courte durée de l’île de Montréal font face à une grave pénurie d’infirmières et aussi d’autres métiers de la santé.
Le fait que 40 % des infirmières travaillant dans l’île n’y résident pas, le coût des loyers et la multiplication des offres de travailler en région où dans des conditions moins stressantes, expliquent ce manque à gagner, dit-elle. Depuis quelques années, des moyens ont été pris pour faire face à la crise, comme l’augmentation des cohortes de diplômés et des primes additionnelles en heures supplémentaires. « Mais il n’y a pas de solutions à court terme », dit Mme Rouleau.
Hier, La Presse rappelait que dans l’ensemble du Québec, quelque 1500 postes d’infirmières étaient à pourvoir et que si rien n’était fait, 19 000 postes seraient vacants en 2019-2020.
De passage hier à Laval, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a reconnu l’ampleur du problème. Mais, a-t-il ajouté, la solution ne passe pas uniquement par un rehaussement des salaires et des conditions de travail. Il faut aussi repenser la définition des tâches des infirmières, par rapport aux médecins et aux auxiliaires, de même que la reconnaissance du poste d’infirmière praticienne.
De son côté, la présidente de l’Ordre des infirmières du Québec, Ginette Desrosiers, affirme que le ministère de la Santé doit cesser de gérer ce problème de pénurie en jonglant avec des chiffres globaux. « Il faut davantage de planification sectorielle », dit-elle. Cela signifie que le ministère doit identifier les secteurs de la profession où les manques sont les plus criants et agir en priorité en fonction de ces secteurs.
« Le gouvernement nous laisse la responsabilité de trouver des solutions, ce qui est inacceptable », dit Francine Lévesque, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, une des branches de la CSN.
Hier matin, en conférence de presse, Mme Lévesque et deux autres représentantes des infirmières n’en finissaient plus de multiplier les exemples pour illustrer les problèmes de surmenage dans l’institution.
Selon elle, l’hôpital pédiatrique, qui célèbre son centenaire cette année, connaît une pénurie d’infirmières depuis 2000. Or, en dépit d’efforts communs entre le personnel et l’employeur, on est incapable de surmonter le problème. Actuellement, l’institution compterait environ 1200 infirmières mais 168 postes sont affichés.
Pour combler les quarts de travail, l’hôpital oblige les infirmières à offrir des gardes (jours de disponibilité) et affiche des horaires d’heures supplémentaires pré-autorisés. Certaines employées se font avertir avec seulement une heure d’avis qu’elles doivent faire un quart de travail supplémentaire.
« L’employeur nous avait parlé de mesures temporaires mais elles s’éternisent, dénonce Suzanne Nobile, présidente du syndicat. Celles qui n’acceptent ce qu’on leur demande en surtemps font face à des mesures disciplinaires. »
Le syndicat demande une rencontre avec le ministre de la Santé, Philippe Couillard, l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal et l’Ordre des infirmières pour trouver des solutions.
Une semaine de travail normale est de 36,25 heures. Or, certaines infirmières feraient jusqu’au double du temps dans une semaine, dénonce-t-on. Une telle situation a un impact sur la qualité des soins et sur la conciliation travail-famille.
Le syndicat prétend qu’au cours de chacune des deux dernières années, la direction a dû payer 10 000 heures de travail en heures supplémentaires. Or, 10 000 heures divisées par 1200 infirmières donne un lot supplémentaire de 8,33 heures travaillées… en un an. Confronté à ses propres chiffres, le syndicat a eu de la difficulté à s’expliquer clairement.
Pas la pire
« Mathématiquement, la situation à Sainte-Justine n’est pas la plus aiguë », lance Christiane Rouleau, responsable de la main-d’œuvre à l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal. Tous les centres hospitaliers de courte durée de l’île de Montréal font face à une grave pénurie d’infirmières et aussi d’autres métiers de la santé.
Le fait que 40 % des infirmières travaillant dans l’île n’y résident pas, le coût des loyers et la multiplication des offres de travailler en région où dans des conditions moins stressantes, expliquent ce manque à gagner, dit-elle. Depuis quelques années, des moyens ont été pris pour faire face à la crise, comme l’augmentation des cohortes de diplômés et des primes additionnelles en heures supplémentaires. « Mais il n’y a pas de solutions à court terme », dit Mme Rouleau.
Hier, La Presse rappelait que dans l’ensemble du Québec, quelque 1500 postes d’infirmières étaient à pourvoir et que si rien n’était fait, 19 000 postes seraient vacants en 2019-2020.
De passage hier à Laval, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a reconnu l’ampleur du problème. Mais, a-t-il ajouté, la solution ne passe pas uniquement par un rehaussement des salaires et des conditions de travail. Il faut aussi repenser la définition des tâches des infirmières, par rapport aux médecins et aux auxiliaires, de même que la reconnaissance du poste d’infirmière praticienne.
De son côté, la présidente de l’Ordre des infirmières du Québec, Ginette Desrosiers, affirme que le ministère de la Santé doit cesser de gérer ce problème de pénurie en jonglant avec des chiffres globaux. « Il faut davantage de planification sectorielle », dit-elle. Cela signifie que le ministère doit identifier les secteurs de la profession où les manques sont les plus criants et agir en priorité en fonction de ces secteurs.
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