Cyberpresse | Opinions
L'ouverture la semaine dernière de la clinique Rockland MD a relancé le débat sur le rôle du secteur privé en santé. Des experts ont soutenu que les frais imposés par cette clinique étaient «illégaux», le Parti québécois a parlé de «dérive». Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a soutenu qu'il n'y avait là rien de nouveau ou d'inquiétant. Qu'en est-il?
Comme M. Couillard et une majorité de Québécois, nous sommes favorables à un rôle accru pour la pratique médicale privée. Cependant, nous croyons essentiel que cette ouverture au privé soit limitée, transparente et contrôlée, afin de prévenir tout abus ou dérapage. Cela exige que les règles soient claires. Or, l'ouverture de Rockland MD a permis de constater qu'elles ne le sont pas du tout.
Il existe déjà au Québec des établissements de santé privés où sont offertes diverses chirurgies. La particularité de Rockland MD - de même que d'une autre clinique du genre ouverte il y a quelques mois à Laval -, c'est que la chirurgie comme telle, l'acte médical, est à la charge de l'État tandis que le patient doit payer de sa poche des frais accessoires pouvant s'élever à plusieurs centaines de dollars. Des juristes estiment que cette façon de faire viole les lois québécoise et canadienne sur la santé. Selon eux, quand l'État paie un acte médical, il doit payer la totalité des coûts, de sorte que tous les patients soient sur le même pied, peu importe leurs moyens financiers.
Le ministre Couillard rétorque que la Loi sur l'assurance maladie et l'entente régissant la rémunération des médecins spécialistes permettent à ces derniers d'imposer, lorsqu'ils travaillent en cabinet privé, des frais accessoires. L'entente en question prévoit en effet qu'un spécialiste «peut demander au malade compensation pour certains frais de pratique», précisant que «ces frais comprennent les médicaments et les agents anesthésiques».
Jusqu'à aujourd'hui, ce texte était interprété de manière restrictive : les seuls frais accessoires autorisés étaient ceux relatifs aux médicaments et anesthésiants administrés en cabinet privé. En réalité toutefois, le libellé de l'entente n'exclut pas d'autres frais; il dit seulement que les frais de pratique «comprennent» les médicaments et anesthésiants. Les cliniques semi-privées sont-elles en droit de faire payer par leurs patients le salaire de leurs infirmières, l'équipement, le loyer, leur marge de profit? Il y a là une grande zone grise.
Adoptée en décembre dernier, la loi 33 encadrera la pratique des cliniques chirurgicales privées, désormais appelées «centres médicaux spécialisés». Elles devront obtenir un permis, satisfaire des normes de qualité élevées, afficher de manière bien visible les frais qu'elles exigent de leurs patients. C'est une amélioration notable par rapport au vide qui existait jusque là. Mais en raison du flou législatif décrit plus haut, les malades ne sauront toujours pas clairement pour quels services et biens les cliniques ont le droit d'exiger compensation. Et comme on prévoit que peu de cliniques du genre ouvriront leurs portes, le patient pourra difficilement comparer les prix. Il se retrouvera à la merci de l'appétit financier des propriétaires des cliniques.
Le ministre de la Santé et la Fédération des médecins spécialistes doivent donc s'entendre au plus tôt sur une définition exhaustive des frais accessoires et sur des ordres de grandeur jugés raisonnables. Le Québec est à l'aube d'un ajustement important du fonctionnement de son système de santé. Si on ne veut pas rater ce virage, il faut que les règles soient claires pour tous.
29 janvier 2007
28 janvier 2007
Comment ça marche les cliniques privés de Couillard?
M. Couillard doit intervenir
Jean-Robert Sansfaçon
Édition du samedi 27 et du dimanche 28 janvier 2007
Mots clés : soins médicaux, Philippe Couillard, Médecin, santé, Québec (province)
L'ouverture à Montréal d'un complexe privé de soins médicaux comportant un bloc opératoire où les spécialistes refilent les frais de fonctionnement aux patients tout en étant payés par l'État constitue une brèche qui n'est prévue nulle part dans la réforme Couillard. À moins d'une intervention rapide de la part du ministre et de la Régie de l'assurance maladie, il faudra se résoudre à croire que ce gouvernement a trompé la population.
La loi 33 a été étudiée tout l'automne en commission parlementaire avant d'être adoptée par l'Assemblée nationale à la fin de la session. On se rappellera que cette loi est la réponse du gouvernement à l'arrêt Chaoulli par lequel la Cour suprême ordonnait à Québec d'autoriser les individus à contracter une assurance privée qui leur donnerait accès à des services privés lorsque l'attente risquerait de mettre leur santé en danger.
Dans sa réponse à cet arrêt de la cour, le gouvernement a résisté à la tentation d'étendre les assurances privées à tous les soins couverts par le régime public, ce qui aurait signé l'avènement d'un réseau privé complet, parallèle au réseau public. Seulement trois catégories de soins seront assurables: le remplacement de la hanche et du genou et les cas de cataractes.
Cela étant dit, le ministre Couillard a profité de l'occasion pour introduire d'autres changements au régime actuel. Ainsi, la loi garantira désormais l'accès à certains soins bien définis, dont les trois énumérés ci-dessus, dans un délai prescrit, ainsi que le transfert du patient vers un autre établissement, public ou privé au besoin, lorsque l'hôpital ne pourra pas respecter les délais.
Par ailleurs, la loi ouvre la porte à la création de «cliniques médicales spécialisées» (CMS), nouveau nom donné à certaines cliniques privées qui existent déjà et à d'autres qu'il reste à créer. En fait, on prévoit qu'il y aura deux grandes catégories de cliniques médicales spécialisées:
- La première sera constituée de centres entièrement privés dont les médecins se sont retirés du système public et font des interventions chirurgicales plus complexes qu'en cabinet médical traditionnel. Des centres comme celui du Dr Duval, par exemple, cet orthopédiste bien connu qui oeuvre en dehors du système public, ou encore les cliniques privées de chirurgie esthétique appartiennent à ce premier groupe. C'est ce que certains appellent «le privé-privé».
C'est donc dire que désormais, tous les centres où des spécialistes font des interventions complexes devront obtenir un permis de CMS privée et suivre des règles plus strictes que par le passé, par exemple nommer un directeur médical et offrir la totalité des soins pré et post-opératoires, le tout à la charge du patient ou de son assureur (pour la hanche, le genou ou la cataracte).
- Au contraire, la seconde catégorie de CMS regroupera des cliniques dont tous les médecins, spécialistes pour la plupart, participent au régime public mais pratiquent des interventions d'une certaine complexité qui les différencient du cabinet traditionnel d'omnipraticiens.
Ici, les choses se compliquent un peu, car cette seconde catégorie de CMS pour médecins payés par la RAMQ se divise elle-même en deux catégories:
- Les CMS «associées», créées par des équipes de spécialistes à la demande d'un hôpital qui leur garantira par contrat un volume d'interventions déterminé dans des domaines tout aussi déterminés (par exemple, la cataracte ou le genou, voire, au besoin, autre chose qu'il reste à définir). Dans ces «CMS associées», sortes de supercliniques destinées à désengorger les hôpitaux comme le suggérait le rapport Clair, les patients n'auront rien à payer mais devront avoir été référés par l'hôpital.
- Quant à l'autre catégorie de CMS, sans affiliation celles-là, il s'agira de cliniques mises sur pied à l'initiative de médecins spécialistes rémunérés par la RAMQ pour faire des interventions chirurgicales (intervention d'un jour ou même davantage, possiblement avec hébergement) mais où les patients devront assumer certains coûts, tels ceux des médicaments et des produits anesthésiants, comme c'est déjà le cas en cabinet médical.
***
Dans le contexte de cette réforme, où se situe le nouveau complexe «intégré» Rockland MD dont nous apprenions la création cette semaine dans Le Devoir? Nulle part, devons-nous répondre à la lumière de ce que nous en savons. Il s'agit, dit-on, d'un complexe formé d'une clinique familiale entièrement privée et d'un bloc opératoire semi-privé où les médecins participants sont payés par la RAMQ pour chaque intervention chirurgicale pratiquée mais facturent aussi certains frais qui vont bien au-delà des médicaments et des produits anesthésiants. À plus d'un égard, ce complexe contrevient à la fois au texte et au principe de la loi 33 adoptée le mois dernier.
D'une part, la cohabitation sous un même toit de médecins participants et non participants au régime public est interdite par la loi, qui assure l'étanchéité des systèmes. D'autre part, le fameux bloc opératoire privé ne pourra jamais devenir une «CMS associée» à un hôpital puisque la loi limite le travail de ce type de clinique à des interventions précises, choisies par l'hôpital, et parce qu'elle interdit formellement la facturation de frais accessoires aux patients.
Reste la possibilité d'obtenir un permis de CMS publique, mais sans affiliation, où les soins médicaux sont pris en charge par la RAMQ, et la facturation de certains frais accessoires, très limités, par le patient. Mais voilà, à l'heure actuelle, seules certaines interventions plus complexes sont autorisées en dehors du milieu hospitalier, et seuls les coûts de certains frais accessoires peuvent être refilés aux malades. Or le centre Rockland MD facture la totalité de ses dépenses de fonctionnement, y compris le coût des équipements et les salaires du personnel, ce qui contrevient tout à fait à la loi.
***
En apprenant cette nouvelle, le ministre Philippe Couillard a réagi très froidement, voire avec sarcasme, laissant entendre qu'il n'interviendrait pas. Voilà une attitude contraire à ce que laissaient prévoir ses interventions rassurantes en commission parlementaire. Dans un contexte de pénurie de spécialistes, l'entrée en scène de mini-hôpitaux privés où des médecins pratiquent des interventions chirurgicales remboursées par la RAMQ tout en refilant leurs frais de fonctionnement aux patients correspond en tout point à la définition d'un système à deux vitesses.
Qu'on crée des cliniques associées pour désengorger les hôpitaux à moindre coût, l'idée a du sens. Mais il n'a jamais été question d'hôpitaux privés où la rémunération du spécialiste est à la charge de l'État et les frais de fonctionnement à la charge des patients. Voilà le genre de réforme que les libéraux eux-mêmes ont toujours refusé d'envisager. Si leur intention a changé depuis la dernière campagne électorale, ils devaient l'inscrire noir sur blanc dans le projet de loi adopté en décembre. Or un tel débat n'a pas eu lieu et l'investisseur privé, tout médecin qu'il soit, n'est pas autorisé à faire indirectement ce que la loi lui interdit. Si l'idée consiste à créer un précédent pour forcer le ministre à prendre acte d'un fait accompli, c'est encore plus inacceptable. Au gouvernement d'agir, sans quoi on pourra l'accuser d'avoir trompé la population.
j-rsansfacon@ledevoir.com
Jean-Robert Sansfaçon
Édition du samedi 27 et du dimanche 28 janvier 2007
Mots clés : soins médicaux, Philippe Couillard, Médecin, santé, Québec (province)
L'ouverture à Montréal d'un complexe privé de soins médicaux comportant un bloc opératoire où les spécialistes refilent les frais de fonctionnement aux patients tout en étant payés par l'État constitue une brèche qui n'est prévue nulle part dans la réforme Couillard. À moins d'une intervention rapide de la part du ministre et de la Régie de l'assurance maladie, il faudra se résoudre à croire que ce gouvernement a trompé la population.
La loi 33 a été étudiée tout l'automne en commission parlementaire avant d'être adoptée par l'Assemblée nationale à la fin de la session. On se rappellera que cette loi est la réponse du gouvernement à l'arrêt Chaoulli par lequel la Cour suprême ordonnait à Québec d'autoriser les individus à contracter une assurance privée qui leur donnerait accès à des services privés lorsque l'attente risquerait de mettre leur santé en danger.
Dans sa réponse à cet arrêt de la cour, le gouvernement a résisté à la tentation d'étendre les assurances privées à tous les soins couverts par le régime public, ce qui aurait signé l'avènement d'un réseau privé complet, parallèle au réseau public. Seulement trois catégories de soins seront assurables: le remplacement de la hanche et du genou et les cas de cataractes.
Cela étant dit, le ministre Couillard a profité de l'occasion pour introduire d'autres changements au régime actuel. Ainsi, la loi garantira désormais l'accès à certains soins bien définis, dont les trois énumérés ci-dessus, dans un délai prescrit, ainsi que le transfert du patient vers un autre établissement, public ou privé au besoin, lorsque l'hôpital ne pourra pas respecter les délais.
Par ailleurs, la loi ouvre la porte à la création de «cliniques médicales spécialisées» (CMS), nouveau nom donné à certaines cliniques privées qui existent déjà et à d'autres qu'il reste à créer. En fait, on prévoit qu'il y aura deux grandes catégories de cliniques médicales spécialisées:
- La première sera constituée de centres entièrement privés dont les médecins se sont retirés du système public et font des interventions chirurgicales plus complexes qu'en cabinet médical traditionnel. Des centres comme celui du Dr Duval, par exemple, cet orthopédiste bien connu qui oeuvre en dehors du système public, ou encore les cliniques privées de chirurgie esthétique appartiennent à ce premier groupe. C'est ce que certains appellent «le privé-privé».
C'est donc dire que désormais, tous les centres où des spécialistes font des interventions complexes devront obtenir un permis de CMS privée et suivre des règles plus strictes que par le passé, par exemple nommer un directeur médical et offrir la totalité des soins pré et post-opératoires, le tout à la charge du patient ou de son assureur (pour la hanche, le genou ou la cataracte).
- Au contraire, la seconde catégorie de CMS regroupera des cliniques dont tous les médecins, spécialistes pour la plupart, participent au régime public mais pratiquent des interventions d'une certaine complexité qui les différencient du cabinet traditionnel d'omnipraticiens.
Ici, les choses se compliquent un peu, car cette seconde catégorie de CMS pour médecins payés par la RAMQ se divise elle-même en deux catégories:
- Les CMS «associées», créées par des équipes de spécialistes à la demande d'un hôpital qui leur garantira par contrat un volume d'interventions déterminé dans des domaines tout aussi déterminés (par exemple, la cataracte ou le genou, voire, au besoin, autre chose qu'il reste à définir). Dans ces «CMS associées», sortes de supercliniques destinées à désengorger les hôpitaux comme le suggérait le rapport Clair, les patients n'auront rien à payer mais devront avoir été référés par l'hôpital.
- Quant à l'autre catégorie de CMS, sans affiliation celles-là, il s'agira de cliniques mises sur pied à l'initiative de médecins spécialistes rémunérés par la RAMQ pour faire des interventions chirurgicales (intervention d'un jour ou même davantage, possiblement avec hébergement) mais où les patients devront assumer certains coûts, tels ceux des médicaments et des produits anesthésiants, comme c'est déjà le cas en cabinet médical.
***
Dans le contexte de cette réforme, où se situe le nouveau complexe «intégré» Rockland MD dont nous apprenions la création cette semaine dans Le Devoir? Nulle part, devons-nous répondre à la lumière de ce que nous en savons. Il s'agit, dit-on, d'un complexe formé d'une clinique familiale entièrement privée et d'un bloc opératoire semi-privé où les médecins participants sont payés par la RAMQ pour chaque intervention chirurgicale pratiquée mais facturent aussi certains frais qui vont bien au-delà des médicaments et des produits anesthésiants. À plus d'un égard, ce complexe contrevient à la fois au texte et au principe de la loi 33 adoptée le mois dernier.
D'une part, la cohabitation sous un même toit de médecins participants et non participants au régime public est interdite par la loi, qui assure l'étanchéité des systèmes. D'autre part, le fameux bloc opératoire privé ne pourra jamais devenir une «CMS associée» à un hôpital puisque la loi limite le travail de ce type de clinique à des interventions précises, choisies par l'hôpital, et parce qu'elle interdit formellement la facturation de frais accessoires aux patients.
Reste la possibilité d'obtenir un permis de CMS publique, mais sans affiliation, où les soins médicaux sont pris en charge par la RAMQ, et la facturation de certains frais accessoires, très limités, par le patient. Mais voilà, à l'heure actuelle, seules certaines interventions plus complexes sont autorisées en dehors du milieu hospitalier, et seuls les coûts de certains frais accessoires peuvent être refilés aux malades. Or le centre Rockland MD facture la totalité de ses dépenses de fonctionnement, y compris le coût des équipements et les salaires du personnel, ce qui contrevient tout à fait à la loi.
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En apprenant cette nouvelle, le ministre Philippe Couillard a réagi très froidement, voire avec sarcasme, laissant entendre qu'il n'interviendrait pas. Voilà une attitude contraire à ce que laissaient prévoir ses interventions rassurantes en commission parlementaire. Dans un contexte de pénurie de spécialistes, l'entrée en scène de mini-hôpitaux privés où des médecins pratiquent des interventions chirurgicales remboursées par la RAMQ tout en refilant leurs frais de fonctionnement aux patients correspond en tout point à la définition d'un système à deux vitesses.
Qu'on crée des cliniques associées pour désengorger les hôpitaux à moindre coût, l'idée a du sens. Mais il n'a jamais été question d'hôpitaux privés où la rémunération du spécialiste est à la charge de l'État et les frais de fonctionnement à la charge des patients. Voilà le genre de réforme que les libéraux eux-mêmes ont toujours refusé d'envisager. Si leur intention a changé depuis la dernière campagne électorale, ils devaient l'inscrire noir sur blanc dans le projet de loi adopté en décembre. Or un tel débat n'a pas eu lieu et l'investisseur privé, tout médecin qu'il soit, n'est pas autorisé à faire indirectement ce que la loi lui interdit. Si l'idée consiste à créer un précédent pour forcer le ministre à prendre acte d'un fait accompli, c'est encore plus inacceptable. Au gouvernement d'agir, sans quoi on pourra l'accuser d'avoir trompé la population.
j-rsansfacon@ledevoir.com
Libellés :
Couillard,
privé,
soins de santé
25 janvier 2007
Déshabiller Pierre pour habiller Jacques
Libre-Opinion: Péril pour les cliniques externes de pédopsychiatrie
Nicole Nadeau, Pédopsychiatre, Clinique externe de pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Justine
Sylvaine De Plaen, Pédopsychiatre, Clinique externe de pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Justine
Édition du lundi 22 janvier 2007
Mots clés : Philippe Couillard, Plan d'action en santé mentale, médecins psychiatres, Médecin, santé, Québec (province)
Nous joignons nos voix à celles de nos collègues pédopsychiatres de Québec ainsi qu'à celle du président de l'Association des médecins psychiatres du Québec, cités récemment dans Le Devoir («Les Psychiatres s'insurgent», 15 janvier 2007), pour dénoncer le Plan d'action en santé mentale 2005-10 du ministre de la Santé Philippe Couillard.
Constatant, tout comme nous d'ailleurs, l'insuffisance des ressources en santé mentale de l'enfant, le ministre a cru bon y remédier en sabrant les équipes de pédopsychiatrie (les deuxième et troisième ligne) pour aller garnir les équipes de santé mentale de la première ligne: déshabiller Pierre pour habiller Jacques.
Au cours des dernières années, nous avons eu à travailler dans un réseau de santé mentale de plus en plus dépourvu des ressources nécessaires pour répondre adéquatement aux besoins des enfants qui consultent nos cliniques externes de pédopsychiatrie. Cette situation a entraîné une restriction toujours plus grande des services offerts, tant en matière de disponibilité que de durée, chaque équipe comptant sur une autre pour assurer ce moyen ou long terme dont plus personne ne semble pouvoir prendre la responsabilité.
Nous estimons avoir fait des efforts considérables afin de rentabiliser l'utilisation des ressources humaines disponibles et d'articuler nos services spécialisés de pédopsychiatrie avec ceux de la première ligne, c'est-à-dire les CLSC, le réseau scolaire et les services sociaux. Le Plan d'action en santé mentale ne reconnaît pas ces efforts et impose de façon unilatérale des compressions de personnel spécialisé au sein même des cliniques externes de pédopsychiatrie.
Expertise mise à mal
Grâce à nos équipes de professionnels très qualifiés, nous avons développé une expertise tant dans la dispensation de soins directs en pédopsychiatrie que dans le travail de liaison (les soins indirects) entre la pédopsychiatrie et la première ligne. Le maintien de la qualité et de l'expertise des cliniques externes de pédopsychiatrie dépend du bon fonctionnement de nos équipes multidisciplinaires, condition essentielle pour travailler la complexité de nos situations cliniques.
Pour pratiquer de façon adéquate et selon les standards de notre profession, nous avons besoin des professionnels des disciplines connexes que sont la psychologie, la neuropsychologie, l'orthophonie, l'ergothérapie, la psychomotricité, le service social, la psychopédagogie, la psychoéducation, tant pour diagnostiquer que pour traiter nos patients. Ces professionnels sont essentiels à notre fonctionnement, ils sont nos équipements spécialisés. Demanderait-on à un neurochirurgien de continuer à opérer tout en le délestant de son plateau technique?
Comment pouvons-nous assister au démantèlement de nos équipes de professionnels et à la perte d'une expertise unique sans nous indigner? Comment ferons-nous pour recevoir des enfants toujours plus atteints dans leur fonctionnement, donc nécessitant davantage de temps et d'expertise professionnelle, si nos services sont ainsi dégarnis?
Nos professionnels ne doivent pas aller combler des ressources déficientes, mais plutôt servir d'appui aux intervenants de première ligne tout en conservant leur implication dans nos services, condition essentielle au maintien de notre propre fonctionnement.
Spécialité fragile
La pédopsychiatrie demeure une spécialité fragile, trop souvent remise en question. Pourtant, nous savons que les problèmes non traités pendant l'enfance et l'adolescence peuvent persister jusqu'à l'âge adulte et entraver sérieusement le fonctionnement des individus atteints.
À notre avis, c'est le maintien même de notre champ de travail qui risque de se trouver compromis par le plan d'action du ministre Couillard. En restreignant de plus en plus le rôle de pédopsychiatre à celui de consultant, dépourvu de l'expérience et de la responsabilité du suivi clinique, ce plan d'action appauvrira notre discipline plutôt que de l'enrichir, et ce, au détriment des patients.
Les services aux enfants ne doivent pas faire l'objet d'une expérimentation au nom d'une idéologie qui semble opposer la notion de santé mentale à celle de pédopsychiatrie, sans tenir compte de la complexité des réalités cliniques auxquelles nos équipes de pédopsychiatrie sont quotidiennement confrontées et des besoins des premiers concernés, nos jeunes patients et leurs familles. Le Plan d'action en santé mentale vise la mauvaise cible en attaquant les équipes de pédopsychiatrie plutôt que le manque chronique de ressources destinées aux enfants en difficulté.
Nicole Nadeau, Pédopsychiatre, Clinique externe de pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Justine
Sylvaine De Plaen, Pédopsychiatre, Clinique externe de pédopsychiatrie, Hôpital Sainte-Justine
Édition du lundi 22 janvier 2007
Mots clés : Philippe Couillard, Plan d'action en santé mentale, médecins psychiatres, Médecin, santé, Québec (province)
Nous joignons nos voix à celles de nos collègues pédopsychiatres de Québec ainsi qu'à celle du président de l'Association des médecins psychiatres du Québec, cités récemment dans Le Devoir («Les Psychiatres s'insurgent», 15 janvier 2007), pour dénoncer le Plan d'action en santé mentale 2005-10 du ministre de la Santé Philippe Couillard.
Constatant, tout comme nous d'ailleurs, l'insuffisance des ressources en santé mentale de l'enfant, le ministre a cru bon y remédier en sabrant les équipes de pédopsychiatrie (les deuxième et troisième ligne) pour aller garnir les équipes de santé mentale de la première ligne: déshabiller Pierre pour habiller Jacques.
Au cours des dernières années, nous avons eu à travailler dans un réseau de santé mentale de plus en plus dépourvu des ressources nécessaires pour répondre adéquatement aux besoins des enfants qui consultent nos cliniques externes de pédopsychiatrie. Cette situation a entraîné une restriction toujours plus grande des services offerts, tant en matière de disponibilité que de durée, chaque équipe comptant sur une autre pour assurer ce moyen ou long terme dont plus personne ne semble pouvoir prendre la responsabilité.
Nous estimons avoir fait des efforts considérables afin de rentabiliser l'utilisation des ressources humaines disponibles et d'articuler nos services spécialisés de pédopsychiatrie avec ceux de la première ligne, c'est-à-dire les CLSC, le réseau scolaire et les services sociaux. Le Plan d'action en santé mentale ne reconnaît pas ces efforts et impose de façon unilatérale des compressions de personnel spécialisé au sein même des cliniques externes de pédopsychiatrie.
Expertise mise à mal
Grâce à nos équipes de professionnels très qualifiés, nous avons développé une expertise tant dans la dispensation de soins directs en pédopsychiatrie que dans le travail de liaison (les soins indirects) entre la pédopsychiatrie et la première ligne. Le maintien de la qualité et de l'expertise des cliniques externes de pédopsychiatrie dépend du bon fonctionnement de nos équipes multidisciplinaires, condition essentielle pour travailler la complexité de nos situations cliniques.
Pour pratiquer de façon adéquate et selon les standards de notre profession, nous avons besoin des professionnels des disciplines connexes que sont la psychologie, la neuropsychologie, l'orthophonie, l'ergothérapie, la psychomotricité, le service social, la psychopédagogie, la psychoéducation, tant pour diagnostiquer que pour traiter nos patients. Ces professionnels sont essentiels à notre fonctionnement, ils sont nos équipements spécialisés. Demanderait-on à un neurochirurgien de continuer à opérer tout en le délestant de son plateau technique?
Comment pouvons-nous assister au démantèlement de nos équipes de professionnels et à la perte d'une expertise unique sans nous indigner? Comment ferons-nous pour recevoir des enfants toujours plus atteints dans leur fonctionnement, donc nécessitant davantage de temps et d'expertise professionnelle, si nos services sont ainsi dégarnis?
Nos professionnels ne doivent pas aller combler des ressources déficientes, mais plutôt servir d'appui aux intervenants de première ligne tout en conservant leur implication dans nos services, condition essentielle au maintien de notre propre fonctionnement.
Spécialité fragile
La pédopsychiatrie demeure une spécialité fragile, trop souvent remise en question. Pourtant, nous savons que les problèmes non traités pendant l'enfance et l'adolescence peuvent persister jusqu'à l'âge adulte et entraver sérieusement le fonctionnement des individus atteints.
À notre avis, c'est le maintien même de notre champ de travail qui risque de se trouver compromis par le plan d'action du ministre Couillard. En restreignant de plus en plus le rôle de pédopsychiatre à celui de consultant, dépourvu de l'expérience et de la responsabilité du suivi clinique, ce plan d'action appauvrira notre discipline plutôt que de l'enrichir, et ce, au détriment des patients.
Les services aux enfants ne doivent pas faire l'objet d'une expérimentation au nom d'une idéologie qui semble opposer la notion de santé mentale à celle de pédopsychiatrie, sans tenir compte de la complexité des réalités cliniques auxquelles nos équipes de pédopsychiatrie sont quotidiennement confrontées et des besoins des premiers concernés, nos jeunes patients et leurs familles. Le Plan d'action en santé mentale vise la mauvaise cible en attaquant les équipes de pédopsychiatrie plutôt que le manque chronique de ressources destinées aux enfants en difficulté.
Libellés :
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médecin,
soins de santé
24 janvier 2007
Couillard et le privé
http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/01/20070122-173600.html
Soins de santé
L'ouverture d'un bloc opératoire privé n'est pas une première
Presse Canadienne (PC) Lia Lévesque
22/01/2007 17h36
L'ouverture d'un bloc opératoire privé à Montréal n'est pas une nouveauté, mais le ministre de la Santé Philippe Couillard compte bien favoriser une saine collaboration entre le secteur privé et le réseau public de la santé.
«Le privé, il ne faut pas en avoir peur. Ce n'est pas une catastrophe, ce n'est pas le diable. Il s'agit qu'il soit utilisé au service du réseau public de santé et dans une perspective d'accessibilité», a commenté le ministre Couillard, à son entrée lundi à la réunion du caucus des députés libéraux, à Montréal.
Le quotidien Le Devoir soulignait, dans son édition de lundi, l'ouverture de cette clinique privée toute neuve, avec bloc opératoire et clinique de médecine familiale.
Le ministre Couillard a d'abord signalé qu'il ne s'agissait pas d'une première, puisque plusieurs autres blocs opératoires privés existent au Québec, notamment dans le milieu de la médecine esthétique.
Il a aussi jugé «un peu élastique» de lier cette ouverture d'un autre bloc opératoire privé à sa nouvelle loi 33, puisque celle-ci n'est pas encore entrée en vigueur.
Cette loi est la réponse du gouvernement du Québec au jugement de la Cour suprême sur l'arrêt Chaoulli portant sur l'interdiction de souscrire à une assurance privée pour des soins de santé.
Cette loi doit permettre d'encadrer la qualité des soins qui seront dispensés dans les cliniques privées, en leur imposant un processus d'agrément, de même que la nomination d'un directeur médical, par exemple.
Elle prévoit également la signature de contrats d'association entre de telles cliniques privées et un hôpital, afin que les patients n'aient pas à débourser de frais supplémentaires pour y être soignés.
«Au contraire, la mise en vigueur de la loi 33 va permettre d'encadrer ce type de pratique-là et de la mettre également au service du réseau public», a commenté le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Couillard a souligné que si nouvelle tendance il y a, elle sera plutôt à la collaboration entre le privé et le public. «La tendance qu'il faut souhaiter dans l'avenir, mais surtout dans les régions urbaines, parce que dans la majorité des régions du Québec, ce ne sera pas nécessaire, c'est justement d'avoir ce type de partenariat entre des cliniques privées et le système de santé, qui fait que les gens peuvent se diriger vers ces cliniques-là pour des chirurgies mineures, sans que ce soit l'occasion pour eux de débourser quoi que ce soit, avec leur carte d'assurance-maladie. Ca, je crois que c'est une tendance, mais une tendance qui sera surtout utilisée et visible dans les régions urbaines plutôt que dans les régions du Québec.»
Soins de santé
L'ouverture d'un bloc opératoire privé n'est pas une première
Presse Canadienne (PC) Lia Lévesque
22/01/2007 17h36
L'ouverture d'un bloc opératoire privé à Montréal n'est pas une nouveauté, mais le ministre de la Santé Philippe Couillard compte bien favoriser une saine collaboration entre le secteur privé et le réseau public de la santé.
«Le privé, il ne faut pas en avoir peur. Ce n'est pas une catastrophe, ce n'est pas le diable. Il s'agit qu'il soit utilisé au service du réseau public de santé et dans une perspective d'accessibilité», a commenté le ministre Couillard, à son entrée lundi à la réunion du caucus des députés libéraux, à Montréal.
Le quotidien Le Devoir soulignait, dans son édition de lundi, l'ouverture de cette clinique privée toute neuve, avec bloc opératoire et clinique de médecine familiale.
Le ministre Couillard a d'abord signalé qu'il ne s'agissait pas d'une première, puisque plusieurs autres blocs opératoires privés existent au Québec, notamment dans le milieu de la médecine esthétique.
Il a aussi jugé «un peu élastique» de lier cette ouverture d'un autre bloc opératoire privé à sa nouvelle loi 33, puisque celle-ci n'est pas encore entrée en vigueur.
Cette loi est la réponse du gouvernement du Québec au jugement de la Cour suprême sur l'arrêt Chaoulli portant sur l'interdiction de souscrire à une assurance privée pour des soins de santé.
Cette loi doit permettre d'encadrer la qualité des soins qui seront dispensés dans les cliniques privées, en leur imposant un processus d'agrément, de même que la nomination d'un directeur médical, par exemple.
Elle prévoit également la signature de contrats d'association entre de telles cliniques privées et un hôpital, afin que les patients n'aient pas à débourser de frais supplémentaires pour y être soignés.
«Au contraire, la mise en vigueur de la loi 33 va permettre d'encadrer ce type de pratique-là et de la mettre également au service du réseau public», a commenté le ministre de la Santé et des Services sociaux.
M. Couillard a souligné que si nouvelle tendance il y a, elle sera plutôt à la collaboration entre le privé et le public. «La tendance qu'il faut souhaiter dans l'avenir, mais surtout dans les régions urbaines, parce que dans la majorité des régions du Québec, ce ne sera pas nécessaire, c'est justement d'avoir ce type de partenariat entre des cliniques privées et le système de santé, qui fait que les gens peuvent se diriger vers ces cliniques-là pour des chirurgies mineures, sans que ce soit l'occasion pour eux de débourser quoi que ce soit, avec leur carte d'assurance-maladie. Ca, je crois que c'est une tendance, mais une tendance qui sera surtout utilisée et visible dans les régions urbaines plutôt que dans les régions du Québec.»
23 janvier 2007
C'est quand les élections au fait????
Vous comme moi ,on est tous témoin
De délais d'attente qui sont trop long pour recevoir les services de santé que l'on est en droit de s'attendre.
De la difficultée que l'on éprouve pour avoir accès a un médecin de famille,et quand on en a un des délais pour avoir un rendez-vous ,car ils sont souvent surchargés.
Des attentes pour les examens et les traitements spécialisés.
Dernièrement j'ai lu un texte qui m'a bouleversée. Je savais que notre système de santé avait des lacunes, a ce point je n'aurais pu me l'imaginer!
Voici la lettre d'un père découragé!
Cette aventure se passe au Saguenay, où aucune urgence en fait d'attente en santé n'a été observée, au contraire...
Hier après midi (jeudi le 25 mai), mon garçon de 12 ans a eu un petit accident à l'école lors d'une partie de soccer. Un copain, sans faire exprès, a donner un coup de pied sur sa main (il gardait les buts). Bon rien de tellement spécial jusqu'à maintenant. Cela arrive dans toutes les familles. La soirée passe bien mais vers 19h30, sa main est très enflée et la douleur devient de plus en plus grande. Mon épouse décide donc de partir pour l'hopital de Jonquière. Elle y restera de 20h00 à environ 1h00 ce matin. Diagnostique: fracture d'une jointure de la main gauche (mon fils est gaucher). On lui a mis un bandage élastique et on a dit à mon épouse que l'on allait la rappeler le lendemain pour un rendez-vous à l'hopital de Chicoutimi (15km d'ici) pour son plâtre.
Le lendemain, mon épouse, vers les 9h00 (on est vendredi), appelle à l'hopital de Chicoutimi pour s'informer. Le petit n'aura pas son plâtre avant mardi le 30 mai; il doit rencontrer le plasticien (on a pas encore parlé de d'orthopédiste...). En tout, 6 jour pour un enfant de 12 ans à endurer la douleur et la non-protection de sa main qui, comme vous vous en douter, se la cogne accidentellement souvent ( on se frappe toujours où l'on a une blessure...).
Il y a 4 ans, le delais était 1 jour MAX. Quelle amélioration! J'aurais payé 200$ pour lui faire mettre un plâtre aujourd'hui avoir eu un endroit... Et pourquoi cet hopital autrefois qui donnais tout les services ne les donnent plus? Je me fous du 15 Km, mais quand on centralise, c'est pour le mieux, non? C'est ça la priorité en santé des libéraux?
C'est quand les élections au fait????
De délais d'attente qui sont trop long pour recevoir les services de santé que l'on est en droit de s'attendre.
De la difficultée que l'on éprouve pour avoir accès a un médecin de famille,et quand on en a un des délais pour avoir un rendez-vous ,car ils sont souvent surchargés.
Des attentes pour les examens et les traitements spécialisés.
Dernièrement j'ai lu un texte qui m'a bouleversée. Je savais que notre système de santé avait des lacunes, a ce point je n'aurais pu me l'imaginer!
Voici la lettre d'un père découragé!
Cette aventure se passe au Saguenay, où aucune urgence en fait d'attente en santé n'a été observée, au contraire...
Hier après midi (jeudi le 25 mai), mon garçon de 12 ans a eu un petit accident à l'école lors d'une partie de soccer. Un copain, sans faire exprès, a donner un coup de pied sur sa main (il gardait les buts). Bon rien de tellement spécial jusqu'à maintenant. Cela arrive dans toutes les familles. La soirée passe bien mais vers 19h30, sa main est très enflée et la douleur devient de plus en plus grande. Mon épouse décide donc de partir pour l'hopital de Jonquière. Elle y restera de 20h00 à environ 1h00 ce matin. Diagnostique: fracture d'une jointure de la main gauche (mon fils est gaucher). On lui a mis un bandage élastique et on a dit à mon épouse que l'on allait la rappeler le lendemain pour un rendez-vous à l'hopital de Chicoutimi (15km d'ici) pour son plâtre.
Le lendemain, mon épouse, vers les 9h00 (on est vendredi), appelle à l'hopital de Chicoutimi pour s'informer. Le petit n'aura pas son plâtre avant mardi le 30 mai; il doit rencontrer le plasticien (on a pas encore parlé de d'orthopédiste...). En tout, 6 jour pour un enfant de 12 ans à endurer la douleur et la non-protection de sa main qui, comme vous vous en douter, se la cogne accidentellement souvent ( on se frappe toujours où l'on a une blessure...).
Il y a 4 ans, le delais était 1 jour MAX. Quelle amélioration! J'aurais payé 200$ pour lui faire mettre un plâtre aujourd'hui avoir eu un endroit... Et pourquoi cet hopital autrefois qui donnais tout les services ne les donnent plus? Je me fous du 15 Km, mais quand on centralise, c'est pour le mieux, non? C'est ça la priorité en santé des libéraux?
C'est quand les élections au fait????
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19 janvier 2007
petite victoire
Je tiens a vous partager la lettre que j'ai envoyé à l'Honorable Stephen Harper.
M.Harper viens tout juste d'annoncer un projet d'étude sur l'attente des enfants en chirurgie.Il y a certaines chirurgies qui sont selectionnées pour l'étude ,et les soins dentaires sous anesthésie sont inclus,un service de santé pour lequel je milite depuis bientot 4 ans.
Les soins dentaires pour enfants je peux vous en parler des heures sans jamais m'arrêtée! Alors je vous épargne ce supplice .
Passons a ma lettre.
Bonjour M.Harper,
Il y a près de 1 an,juste avant votre 1 ère rencontre avec M.Charest, je vous ai écrit pour vous informer d'un problème que vivent plusieurs enfants du Québec ,au niveau de la santé dentaire et les soins de pédodontisterie.
J'ai pu ressentir des effets quelques mois plus tard alors que le ministre de la santé avait décidé d'augmenter les quotas de 25 % pour un seul trimestre et pour tout les dentistes.... ce fut un léger baume pour les enfants en attente.(l'attente pour les urgences est souvent de 3 mois en clinique privé et de 1 an et demi en service hospitalier... et cela sans parler des chirurgies électives! )
Alors la nouvelle d'un projet visant a réduire les listes d'attente pour les enfants m'a plus que réjouis aujourd'hui.
Continuer ce projet malgré ce que vous pourrez ressentir comme pression pour le faire cesser.... les enfants sont sans voix , alors seulement vous pourrez réaliser a quel point ils sont en otages dans notre systeme de santé.
Il est très difficile d'expliquer l'attente a un enfant qui souffrent .... qui voudrait bien aller jouer comme ses amis librement ,sans maladie.
Suzanne Doré
si vous voulez voir d'autres réponses a ce projet de loi...
Vous avez sous le titre: Couillard pas très chaud au projet pilote de Harper... La reponse de notre cher Couillard . http://suzannedore.blogspot.com/2007/01/couillard-pas-trs-chaud-au-projet.html
M.Harper viens tout juste d'annoncer un projet d'étude sur l'attente des enfants en chirurgie.Il y a certaines chirurgies qui sont selectionnées pour l'étude ,et les soins dentaires sous anesthésie sont inclus,un service de santé pour lequel je milite depuis bientot 4 ans.
Les soins dentaires pour enfants je peux vous en parler des heures sans jamais m'arrêtée! Alors je vous épargne ce supplice .
Passons a ma lettre.
Bonjour M.Harper,
Il y a près de 1 an,juste avant votre 1 ère rencontre avec M.Charest, je vous ai écrit pour vous informer d'un problème que vivent plusieurs enfants du Québec ,au niveau de la santé dentaire et les soins de pédodontisterie.
J'ai pu ressentir des effets quelques mois plus tard alors que le ministre de la santé avait décidé d'augmenter les quotas de 25 % pour un seul trimestre et pour tout les dentistes.... ce fut un léger baume pour les enfants en attente.(l'attente pour les urgences est souvent de 3 mois en clinique privé et de 1 an et demi en service hospitalier... et cela sans parler des chirurgies électives! )
Alors la nouvelle d'un projet visant a réduire les listes d'attente pour les enfants m'a plus que réjouis aujourd'hui.
Continuer ce projet malgré ce que vous pourrez ressentir comme pression pour le faire cesser.... les enfants sont sans voix , alors seulement vous pourrez réaliser a quel point ils sont en otages dans notre systeme de santé.
Il est très difficile d'expliquer l'attente a un enfant qui souffrent .... qui voudrait bien aller jouer comme ses amis librement ,sans maladie.
Suzanne Doré
si vous voulez voir d'autres réponses a ce projet de loi...
Vous avez sous le titre: Couillard pas très chaud au projet pilote de Harper... La reponse de notre cher Couillard . http://suzannedore.blogspot.com/2007/01/couillard-pas-trs-chaud-au-projet.html
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un projet de loi que je chéris
Le nouveau gouvernement du Canada annonce un projet pilote pour les garanties de délais d'attente en pédiatrie
11 janvier 2007
Toronto (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a annoncé aujourd’hui que le gouvernement investit 2,6 millions de dollars dans un projet pilote de garantie de délais d’attente en chirurgie pédiatrique. Il s’agit d’une autre mesure prise par notre nouveau gouvernement pour faire en sorte que l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens reçoivent des traitements médicaux essentiels dans des délais cliniquement acceptables.
« À terme, l’initiative d’aujourd’hui aboutira à une Garantie de délais d’attente pour tous les enfants », a déclaré le Premier ministre Harper.
Le projet pilote, d’une durée de 15 mois, commencera en janvier 2007. Il prévoit l’élaboration d’un premier système d’information pancanadien qui permettra d’établir les délais imposés pour les chirurgies pédiatriques. Il comportera en outre l’élaboration d’un plan pancanadien de recours clinique lorsque les délais dépassent largement les lignes directrices proposées par la Coalition nationale sur la santé des jeunes et des adolescents (CNSJA) et entérinées par les Paediatric Surgical Chiefs of Canada.
Le projet sera initialement axé sur spécialités cliniques : chirurgie cardiaque, cancer, neurologie, vue, déformation de la colonne vertébrale et traitements dentaires sous anesthésie. Dans un délai d’un an, on choisira l’une de ces spécialités pour mettre à l’essai la garantie qui prévoira un recours pour les patients qui attendent trop longtemps.
« Pour un parent, il n’y a rien de plus déchirant que la souffrance d’un enfant. Comme nos enfants sont l’avenir du Canada, ils méritent les meilleurs soins possibles dans les plus brefs délais possibles », a déclaré le Premier ministre.
Il s’agit du quatrième projet fédéral de garantie de délais d’attente annoncé à ce jour par le nouveau gouvernement du Canada. Il sera mené en partenariat avec 16 centres de santé pédiatrique universitaires sous l’égide des Paediatric Surgical Chiefs of Canada et de l’Hôpital pour enfants.
11 janvier 2007
Toronto (Ontario)
Le Premier ministre Stephen Harper a annoncé aujourd’hui que le gouvernement investit 2,6 millions de dollars dans un projet pilote de garantie de délais d’attente en chirurgie pédiatrique. Il s’agit d’une autre mesure prise par notre nouveau gouvernement pour faire en sorte que l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens reçoivent des traitements médicaux essentiels dans des délais cliniquement acceptables.
« À terme, l’initiative d’aujourd’hui aboutira à une Garantie de délais d’attente pour tous les enfants », a déclaré le Premier ministre Harper.
Le projet pilote, d’une durée de 15 mois, commencera en janvier 2007. Il prévoit l’élaboration d’un premier système d’information pancanadien qui permettra d’établir les délais imposés pour les chirurgies pédiatriques. Il comportera en outre l’élaboration d’un plan pancanadien de recours clinique lorsque les délais dépassent largement les lignes directrices proposées par la Coalition nationale sur la santé des jeunes et des adolescents (CNSJA) et entérinées par les Paediatric Surgical Chiefs of Canada.
Le projet sera initialement axé sur spécialités cliniques : chirurgie cardiaque, cancer, neurologie, vue, déformation de la colonne vertébrale et traitements dentaires sous anesthésie. Dans un délai d’un an, on choisira l’une de ces spécialités pour mettre à l’essai la garantie qui prévoira un recours pour les patients qui attendent trop longtemps.
« Pour un parent, il n’y a rien de plus déchirant que la souffrance d’un enfant. Comme nos enfants sont l’avenir du Canada, ils méritent les meilleurs soins possibles dans les plus brefs délais possibles », a déclaré le Premier ministre.
Il s’agit du quatrième projet fédéral de garantie de délais d’attente annoncé à ce jour par le nouveau gouvernement du Canada. Il sera mené en partenariat avec 16 centres de santé pédiatrique universitaires sous l’égide des Paediatric Surgical Chiefs of Canada et de l’Hôpital pour enfants.
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se faire soigner a Cuba tout inclus.
Une société québécoise facilite l'obtention de soins de santé à Cuba
2007-01-16 18:58:00
--------------------------------------------------------------------------------
MONTREAL (PC) - Une société québécoise offre ses services d'intermédiaire aux Québécois désireux d'obtenir des soins de santé à Cuba, sans longs délais et à quatre heures de vol d'ici.
Comme on pouvait s'y attendre, cette annonce faite en conférence de presse à Québec mardi a suscité quelques commentaires du ministre de la Santé, Philippe Couillard.
Mis à part les interventions lourdes, comme les opérations au coeur, les soins disponibles vont du traitement des cataractes, au remplacement de la hanche jusqu'aux chirurgies esthétiques.
Selon la présidente fondatrice de Services Santé International (SSI), Lucie Vermette, les coûts prévisibles sont de 5000 $ à 6000 $ pour le remplacement d'une hanche et de 2000 $ pour les cataractes.
Les gens intéressés doivent transmettre leur dossier médical et le diagnostic obtenu (il peut n'être que verbal) à SSI qui refile l'information à Cubanacan Turismo y Salud.
Moins de quelque 72 heures plus tard, les médecins cubains indiquent les soins requis et les coûts s'y rattachant. Il revient alors au patient en cause d'acheter un billet d'avion et une assurance et de s'envoler vers Cuba.
Cubanacan est un groupe oeuvrant dans le tourisme cubain avec quelque 70 hôtels. Une de ses divisions est Turismo y Salud (Tourisme et Santé).
SSI demande 200 $ pour s'occuper d'un dossier. Par la suite, SSI se voit remettre par Cubanacan environ dix pour cent de la somme versée pour l'obtention des soins, a indiqué Mme Vermette au cours d'une interview téléphonique.
Cubanacan Turismo y Salud est spécialisée dans les services de santé depuis une quinzaine d'années et fournit ces services de santé aux ressortissants d'une trentaine de pays. "On n'a pas inventé la roue", a commenté la porte-parole de SSI.
"Les soins sont donnés par des médecins de grande compétence, et ce, dans des hôpitaux cinq étoiles", d'assurer Mme Vermette qui s'est rendue à plusieurs reprises à Cuba, a examiné la formation des médecins en question ainsi que leur profil de carrière. Outre l'espagnol, la plupart parlent anglais, certains le français, le russe et l'allemand, a-t-elle assuré.
"Au moment des examens, de la communication du diagnostic et des explications sur l'opération, une personne pourra faire la traduction, si nécessaire", a-t-elle ajouté.
Les tractations de SSI ont commencé il y a un an environ, auprès de l'Ambassade de Cuba, à Ottawa.
La motivation de Mme Vermette lui est venue d'un problème de santé qui l'a inquiétée pendant un bon six mois, le temps d'obtenir une consultation auprès d'un spécialiste. "J'ai déploré d'avoir été angoissée pendant six mois, pour rien", a-t-elle dit.
D'un autre côté, elle comprend "comme l'ensemble des Québécois que le gouvernement n'est pas un magicien et qu'il ne peut inventer des médecins".
Mme Vermette, qui a oeuvré pendant dix ans à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, a bien hâte que le site Internet de SSI soit complété. Pour l'heure, le bouche à oreille a fait en sorte que déjà trois Québécois sont sur les rangs pour se rendre à Cuba.
Le ministre Couillard n'est sûrement pas de ceux-là. "Jamais je ne me ferais opérer par un chirurgien que je ne peux pas revoir par la suite", a-t-il déclaré.
Le ministre a fait valoir qu'il y avait eu de nettes améliorations depuis quelques mois quant à l'attente pour une chirurgie à la hanche, au genou et aux yeux, pour des cataractes, comme l'ont démontré les agences régionales de la santé.
"Il faut être extrêmement prudent. Les listes d'attente sont en baisse au Québec et les délais sont améliorés pour les chirurgies et c'est là que la solution se trouve", a dit le ministre Couillard
http://nouvelles.sympatico.msn.ca/Une+societe+quebecoise+facilite+lobtention+de+soins+de+sante+a+Cuba/Accueil/ContentPosting.aspx?isfa=1&newsitemid=10966017&feedname=CP-NATIONALES&show=False&number=0&showbyline=False&subtitle=&detect=&abc=abc
2007-01-16 18:58:00
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MONTREAL (PC) - Une société québécoise offre ses services d'intermédiaire aux Québécois désireux d'obtenir des soins de santé à Cuba, sans longs délais et à quatre heures de vol d'ici.
Comme on pouvait s'y attendre, cette annonce faite en conférence de presse à Québec mardi a suscité quelques commentaires du ministre de la Santé, Philippe Couillard.
Mis à part les interventions lourdes, comme les opérations au coeur, les soins disponibles vont du traitement des cataractes, au remplacement de la hanche jusqu'aux chirurgies esthétiques.
Selon la présidente fondatrice de Services Santé International (SSI), Lucie Vermette, les coûts prévisibles sont de 5000 $ à 6000 $ pour le remplacement d'une hanche et de 2000 $ pour les cataractes.
Les gens intéressés doivent transmettre leur dossier médical et le diagnostic obtenu (il peut n'être que verbal) à SSI qui refile l'information à Cubanacan Turismo y Salud.
Moins de quelque 72 heures plus tard, les médecins cubains indiquent les soins requis et les coûts s'y rattachant. Il revient alors au patient en cause d'acheter un billet d'avion et une assurance et de s'envoler vers Cuba.
Cubanacan est un groupe oeuvrant dans le tourisme cubain avec quelque 70 hôtels. Une de ses divisions est Turismo y Salud (Tourisme et Santé).
SSI demande 200 $ pour s'occuper d'un dossier. Par la suite, SSI se voit remettre par Cubanacan environ dix pour cent de la somme versée pour l'obtention des soins, a indiqué Mme Vermette au cours d'une interview téléphonique.
Cubanacan Turismo y Salud est spécialisée dans les services de santé depuis une quinzaine d'années et fournit ces services de santé aux ressortissants d'une trentaine de pays. "On n'a pas inventé la roue", a commenté la porte-parole de SSI.
"Les soins sont donnés par des médecins de grande compétence, et ce, dans des hôpitaux cinq étoiles", d'assurer Mme Vermette qui s'est rendue à plusieurs reprises à Cuba, a examiné la formation des médecins en question ainsi que leur profil de carrière. Outre l'espagnol, la plupart parlent anglais, certains le français, le russe et l'allemand, a-t-elle assuré.
"Au moment des examens, de la communication du diagnostic et des explications sur l'opération, une personne pourra faire la traduction, si nécessaire", a-t-elle ajouté.
Les tractations de SSI ont commencé il y a un an environ, auprès de l'Ambassade de Cuba, à Ottawa.
La motivation de Mme Vermette lui est venue d'un problème de santé qui l'a inquiétée pendant un bon six mois, le temps d'obtenir une consultation auprès d'un spécialiste. "J'ai déploré d'avoir été angoissée pendant six mois, pour rien", a-t-elle dit.
D'un autre côté, elle comprend "comme l'ensemble des Québécois que le gouvernement n'est pas un magicien et qu'il ne peut inventer des médecins".
Mme Vermette, qui a oeuvré pendant dix ans à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, a bien hâte que le site Internet de SSI soit complété. Pour l'heure, le bouche à oreille a fait en sorte que déjà trois Québécois sont sur les rangs pour se rendre à Cuba.
Le ministre Couillard n'est sûrement pas de ceux-là. "Jamais je ne me ferais opérer par un chirurgien que je ne peux pas revoir par la suite", a-t-il déclaré.
Le ministre a fait valoir qu'il y avait eu de nettes améliorations depuis quelques mois quant à l'attente pour une chirurgie à la hanche, au genou et aux yeux, pour des cataractes, comme l'ont démontré les agences régionales de la santé.
"Il faut être extrêmement prudent. Les listes d'attente sont en baisse au Québec et les délais sont améliorés pour les chirurgies et c'est là que la solution se trouve", a dit le ministre Couillard
http://nouvelles.sympatico.msn.ca/Une+societe+quebecoise+facilite+lobtention+de+soins+de+sante+a+Cuba/Accueil/ContentPosting.aspx?isfa=1&newsitemid=10966017&feedname=CP-NATIONALES&show=False&number=0&showbyline=False&subtitle=&detect=&abc=abc
La santé selon la région
http://www.cyberpresse.ca/article/20070117/CPOPINIONS/70117149/5290/CPOPINIONS
La santé selon la région
Olivier Kaestlé
Trois-Rivières
Depuis le décès de son médecin il y a plus de quatre ans, une Trifluvienne de 90 ans s’est retrouvée sans docteur, comme plusieurs résidents de la Mauricie. N’étant inscrite à aucune clinique sans rendez-vous, elle est « condamnée » à se rendre à l’urgence du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, de plus en plus le dernier recours des laissés pour compte. L’attente y dure fréquemment jusqu’à 12 heures et plus. Il y a six mois, épuisée, elle a renoncé à voir l’urgentologue, après avoir poiroté pendant dix heures. Une infirmière l’avait informée qu’elle devrait patienter encore de trois à quatre heures.
De leur côté, des parents à elle vivant en banlieue de Montréal se disent très satisfaits de l’accessibilité aux soins de santé dispensés au centre-ville métropolitain. Leur médecin est disponible dans un délai d’une semaine ou moins à des cliniques sans rendez-vous où l’attente ne dépasse pas une heure. La fille de notre nonagénaire traînait quant à elle une infection nécessitant une mammographie depuis des semaines. Sa cousine montréalaise lui a obtenu un rendez-vous en moins de cinq jours.
Ceux qui redoutent l’avènement d’une médecine à deux vitesses pourront voir dans ces exemples un motif supplémentaire d’inquiétude. Ils révèlent une tendance lourde qui ne se limite plus qu’à la problématique connue des régions éloignées. Des données du MSSS confirment que la Mauricie vit la plus forte pénurie de médecins per capita avec ses 80 omnipraticiens et 61 spécialistes par 100 000 habitants devant des moyennes provinciales à 94 omnipraticiens et 94 spécialistes. De son côté, la métropole québécoise se situe clairement au dessus des moyennes avec 100 omnipraticiens et 175 spécialistes par 100 000 habitants.
Comment admettre pareilles fluctuations quand notre gouvernement prétend vouloir préserver l’universalité des soins de santé ? Avant d’être menacée par le privé, leur accessibilité semble déjà compromise par d’importantes disparités régionales. Notre système de santé, qui représente la dépense la plus élevée de l’État québécois, continue à s’éroder bon an, mal an, qu’importe le parti au pouvoir. Les coupures draconiennes des transferts aux provinces, qui avaient placé le péquiste Jean Rochon devant des choix déchirants dès 1995, n’épargnent pas pour autant le fédéraliste Philippe Couillard.
Même l’OMC avait semoncé les libéraux fédéraux en 2005 pour avoir sans cesse sous-estimé leurs revenus. Les surplus étant consacrés intégralement à la dette, la santé pouvait attendre. Après avoir dénoncé énergiquement le déséquilibre fiscal, Stephen Harper prépare de son côté les provinces à ne pas souffler leurs prévisions budgétaires. Sensible aux questions de santé, le NPD ne voit pas pour autant augmenter les intentions de vote à son égard. Stéphane Dion a maintenu quant à lui du bout des lèvres son refus de reconnaître le déséquilibre fiscal. Malgré l’absence de candidats déterminants, il faudra se rappeler son attitude avant de voter pour un parti aussi indifférent à la santé de ses concitoyens qu’il était étranger à l’éthique en gestion des fonds publics.
La santé selon la région
Olivier Kaestlé
Trois-Rivières
Depuis le décès de son médecin il y a plus de quatre ans, une Trifluvienne de 90 ans s’est retrouvée sans docteur, comme plusieurs résidents de la Mauricie. N’étant inscrite à aucune clinique sans rendez-vous, elle est « condamnée » à se rendre à l’urgence du Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, de plus en plus le dernier recours des laissés pour compte. L’attente y dure fréquemment jusqu’à 12 heures et plus. Il y a six mois, épuisée, elle a renoncé à voir l’urgentologue, après avoir poiroté pendant dix heures. Une infirmière l’avait informée qu’elle devrait patienter encore de trois à quatre heures.
De leur côté, des parents à elle vivant en banlieue de Montréal se disent très satisfaits de l’accessibilité aux soins de santé dispensés au centre-ville métropolitain. Leur médecin est disponible dans un délai d’une semaine ou moins à des cliniques sans rendez-vous où l’attente ne dépasse pas une heure. La fille de notre nonagénaire traînait quant à elle une infection nécessitant une mammographie depuis des semaines. Sa cousine montréalaise lui a obtenu un rendez-vous en moins de cinq jours.
Ceux qui redoutent l’avènement d’une médecine à deux vitesses pourront voir dans ces exemples un motif supplémentaire d’inquiétude. Ils révèlent une tendance lourde qui ne se limite plus qu’à la problématique connue des régions éloignées. Des données du MSSS confirment que la Mauricie vit la plus forte pénurie de médecins per capita avec ses 80 omnipraticiens et 61 spécialistes par 100 000 habitants devant des moyennes provinciales à 94 omnipraticiens et 94 spécialistes. De son côté, la métropole québécoise se situe clairement au dessus des moyennes avec 100 omnipraticiens et 175 spécialistes par 100 000 habitants.
Comment admettre pareilles fluctuations quand notre gouvernement prétend vouloir préserver l’universalité des soins de santé ? Avant d’être menacée par le privé, leur accessibilité semble déjà compromise par d’importantes disparités régionales. Notre système de santé, qui représente la dépense la plus élevée de l’État québécois, continue à s’éroder bon an, mal an, qu’importe le parti au pouvoir. Les coupures draconiennes des transferts aux provinces, qui avaient placé le péquiste Jean Rochon devant des choix déchirants dès 1995, n’épargnent pas pour autant le fédéraliste Philippe Couillard.
Même l’OMC avait semoncé les libéraux fédéraux en 2005 pour avoir sans cesse sous-estimé leurs revenus. Les surplus étant consacrés intégralement à la dette, la santé pouvait attendre. Après avoir dénoncé énergiquement le déséquilibre fiscal, Stephen Harper prépare de son côté les provinces à ne pas souffler leurs prévisions budgétaires. Sensible aux questions de santé, le NPD ne voit pas pour autant augmenter les intentions de vote à son égard. Stéphane Dion a maintenu quant à lui du bout des lèvres son refus de reconnaître le déséquilibre fiscal. Malgré l’absence de candidats déterminants, il faudra se rappeler son attitude avant de voter pour un parti aussi indifférent à la santé de ses concitoyens qu’il était étranger à l’éthique en gestion des fonds publics.
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